Dans le couple expert en électrotechnique, le courant passe parfaitement

Des femmes cheffes d'entreprises (17/28) Associée à son mari dans la microentreprise CEMC, Anne-Caroline Modoux peut conduire sa vie professionnelle à sa guise.

Spécialiste dans de multiples domaines de l’électrotechnique, Anne-Caroline Modoux ne manque pas de travail.

Spécialiste dans de multiples domaines de l’électrotechnique, Anne-Caroline Modoux ne manque pas de travail. Image: PATRICK MARTIN

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Petite société de consulting électrotechnique dont le siège est situé à l’adresse d’un immeuble résidentiel à Yverdon-les-Bains, avec vue sur le paisible parc du Castrum, CEMC affiche une singularité: le premier des atouts qu’elle met en avant sur son site est «la parité femmes-hommes»! À entendre Anne-Caroline Modoux-Cusin, dont le seul associé dans cette microentreprise est son mari, Jean-Pierre Modoux, cette relation forme un couple moteur terriblement performant pour les affaires dans le domaine d’activité de la conception des installations électriques de toute nature.

«Deux visions différentes»

«Nous avons deux visions personnelles du métier et de la façon d’apprécier les choses, observe-t-elle. En associant nos expériences et nos approches différentes, nous arrivons toujours à trouver et à proposer des solutions qui conviennent au client.» Car, contrairement à ce qu’on pense, même si le cadre est très strict dans la branche électrique, il existe le plus souvent plusieurs manières de concevoir l’appareillage nécessaire. Anne-Caroline Modoux donne l’exemple du choix des éclairages dans une entreprise. Il y a certes des normes contraignantes à respecter, mais il existe différents moyens de concilier l’objectif d’économie d’énergie avec la volonté du client en matière de confort d’utilisation et d’esthétique dans les bureaux et les ateliers, tout en s’en tenant au budget décidé.

Il est vrai que le couple d’entrepreneurs bénéficiait d’une expérience cumulée de plus de vingt ans dans tous les domaines des installations électriques avant de créer sa propre entreprise, à l’été 2012. Jugez plutôt: Anne-Caroline Modoux a suivi une formation de sept ans dans cet univers très masculin, obtenant successivement un CFC de monteuse électricienne, un brevet de conseil en sécurité électrique, un brevet de chef de projet et une maîtrise lui donnant le diplôme fédéral d’installatrice électricienne. Elle a ensuite travaillé durant quelques années dans de grandes entreprises, notamment Cablex et les CFF, avant de créer CEMC (Consulting électrotechnique Modoux & Cie).


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Son mari a suivi une formation assez similaire, jusqu’à devenir responsable de la division Alpiq Intec Romandie SA, qui comptait 150 personnes sur quatre sites, pendant plus de quatre ans. Mais tous deux n’étaient pas satisfaits de leur job au sein d’entités si grandes. «Cela ne nous correspondait plus. Nous avons créé cette société afin de garder notre ligne de conduite et de valoriser notre travail selon notre propre vision d’entreprise.»

Six ans ont passé et ils ne regrettent pas leur décision. Le carnet de commandes déborde au point que le couple d’associés peut choisir les mandats selon ses disponibilités. «C’est un luxe», s’exclame Anne-Caroline Modoux, qui avoue toutefois qu’elle aurait de la peine à déléguer son travail à d’autres collaborateurs! Au départ, dit-elle, la microentreprise a également profité d’un magnifique tremplin, les poussant à faire le pas. Le Crans Ambassador, cinq-étoiles réputé de la station de Crans-Montana, leur a confié la mission de concevoir toutes les installations électriques (cuisines, spa, etc.) de l’hôtel en complète rénovation. À peine né, le bureau de consulting a même pu collaborer étroitement avec les designers italiens engagés dans la conception des cuisines.

En tant que bureau technique et d’ingénierie électrique, CEMC travaille généralement sur des concepts d’installations électriques pour des entreprises et administrations publiques. Elle se charge aussi de la conception des systèmes électriques de maisons privées, comprenant les paratonnerres, la domotique et les réseaux multimédias. Pour des établissements de taille et des collectivités, elle établit des audits énergétiques et en matière d’éclairage. Elle travaille notamment pour les services industriels de la Ville d’Yverdon et de l’État de Genève, ce qui va l’occuper une bonne partie de ces quatre prochaines années. Le Canton de Genève leur a en effet confié la tâche de concevoir un nouvel éclairage pour chacun de ses collèges, rénovés tour à tour. L’entreprise vaudoise a notamment pour avantage son recul et son indépendance face aux intérêts locaux. Les deux experts enseignent en outre leur branche dans des cours et par e-learning, en particulier en vue de la préparation aux examens. Et ils sont parfois mandatés pour le règlement de litiges.

Règles familiales

Le couple est ainsi épanoui dans son fonctionnement professionnel. Mais aussi dans sa relation privée. Imaginez que le siège de la société et les bureaux sont situés dans la mezzanine de son appartement. Au risque de ne jamais pouvoir s’échapper du boulot? «Absolument pas, affirme Anne-Caroline Modoux. Nous avons instauré des règles.» Une fois que les ordinateurs sont éteints et la cuisinière allumée, on ne parle plus de travail au sein du couple et de la famille recomposée. Elle dit même qu’elle revit depuis qu’elle a créé sa petite entreprise. Elle profite beaucoup mieux de sa vie privée, en particulier avec sa fille, âgée de 17 ans aujourd’hui. Au fond, plus que le statut de cheffe d’entreprise, c’est celui d’indépendante qui lui tient à cœur.

Publié le: 03.09.2018


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Portraits de femmes cheffes d'entreprise vaudoises

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Créé: 03.09.2018, 09h59

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