La dépendance à Internet, un mythe ou une réalité?

L’invitéGrégoire Vittoz, directeur d’Addiction Suisse.

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L’Organisation mondiale de la santé vient d’annoncer qu’elle prévoit d’inclure les troubles liés aux jeux vidéo dans la liste internationale des maladies (ICD-11). Cette annonce a suscité des interrogations légitimes sur la dépendance à Internet de façon plus générale. Les conseillères et conseillers d’Addiction Suisse se sont ainsi vus poser toutes sortes de questions: Mon fils passe des heures devant son écran, est-il dépendant? Mon mari m’écoute à peine car il est continuellement sur son smartphone, dois-je m’inquiéter?

L’existence et la définition d’une dépendance à Internet occupent les experts depuis une vingtaine d’années sans qu’ils parviennent à un consensus. De notre côté, chez Addiction Suisse, nous estimons qu’il faudrait faire la différence entre l’addiction sur Internet, qui décrit des comportements addictifs satisfaits au moyen d’Internet mais qui existeraient aussi en son absence (jeu d’argent, sexe, achats compulsifs) et les troubles liés à l’usage d’Internet, qui n’existeraient pas en son absence (on pense ici aux médias sociaux ou aux jeux en ligne).

«L’existence et la définition d’une dépendance à Internet occupent les experts depuis une vingtaine d’années»

Que retenir de tout cela pour notre quotidien de consommateurs et de parents? On devine en arrière-plan de ce débat les mêmes questionnements teintés de morale qui ont accompagné la consommation de masse de la télévision dans les années 70. Ces craintes prêtent aujourd’hui à sourire mais devraient nous montrer la voie à suivre face aux inquiétudes liées aux nouvelles technologies.

Soyons réalistes, notre quotidien est jalonné d’écrans et cela ne changera plus, pour notre plus grand avantage dans la plupart des cas. Comme les 85% des Suisses qui utilisent Internet à des fins privées, il nous est devenu impossible de trouver une adresse et de nous y rendre, de comparer les prix d’un bien ou de rechercher un prestataire de services sans cet outil.

Une minorité s'y perd

Internet est un outil formidable mais une petite minorité d’utilisateurs s’y perdent, restant rivés à leur écran malgré des conséquences néfastes: appauvrissement des relations sociales réelles, renoncement à d’autres hobbys, parfois même développement de symptômes physiques comme les problèmes de vue, de dos ou de sommeil. Ces personnes vivent des souffrances qui sont à prendre au sérieux, des aides existent pour les soulager.

Il est toutefois très difficile de définir une frontière précise entre un usage normal ou problématique. En tant que parent, fixer des limites en fonction de l’âge (fréquence, durée), soutenir la pratique d’autres hobbys et accompagner l’usage d’Internet et des écrans de son enfant en s’y intéressant sont les attitudes que l’on peut recommander. Pas besoin donc d’être un geek mais plus simplement de s’investir dans la relation à son enfant. (24 heures)

Créé: 13.04.2018, 22h32

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