Deux jeunes braqueurs mettent à cran la justice

ProcèsLe Tribunal correctionnel de Lausanne se désespère depuis lundi à entendre les auteurs de l’attaque violente d’une épicerie de leur quartier en 2018.

Le Tribunal correctionnel de Lausanne juge deux jeunes braqueurs atypiques qui ont admis avoir attaqué avec violence un magasin d'alimentation dans l'Ouest lausannois en février 2018

Le Tribunal correctionnel de Lausanne juge deux jeunes braqueurs atypiques qui ont admis avoir attaqué avec violence un magasin d'alimentation dans l'Ouest lausannois en février 2018 Image: Jean-Paul Maeder

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Ils n’ont pas le profil des braqueurs qu’on voit défiler en justice. Le premier est un Chilien de 23 ans à permis B dont l’apprentissage de plâtrier-peintre a été cassé par son incarcération. Son comparse est un Suisse de 19 ans qui cherche sa voie dans la musique et la vidéo et vit apparemment sans histoire chez ses parents.

Les deux ont mis à cran lundi le Tribunal correctionnel de Lausanne et le Ministère public. Stupeur face au gâchis et à la lâcheté reconnue du bout des lèvres qui caractérise leur attaque d’une épicerie de leur quartier dans l’Ouest lausannois. Ils n’ont pas le profil des braqueurs patentés, mais ils ont agi comme des professionnels. Ce soir de février 2018, ils surgissent dans ce magasin qui ferme tard. Vêtus de noir, encagoulés, chacun muni d’un pistolet d’alarme considéré comme une arme, seul un connaisseur pouvant le distinguer d’un vrai.

L’épicière est seule. Le plus âgé la menace, la bouscule, la fait tomber au sol. Son copain assène plusieurs coups de poing au visage de la femme. Les deux parviennent à s’enfuir avec le contenu de la caisse. Ils se partageront quelques centaines de francs.

La police n’a pas mis long à les identifier. L’un d’eux a été filmé par la vidéo d’une boutique voisine alors qu’il n’avait pas encore mis sa cagoule. L’autre a été confondu par une chaussure laissée sur place avec son ADN. Ils ont subi respectivement 57 et 35 jours de prison et sont venus libres à leur procès.

«Je croyais naïvement en vous relâchant que vous auriez compris, mais vous ne voulez même pas assumer les faits jusqu’au bout», déplore le procureur, Jonathan Cornu. Impossible de leur faire dire lequel a entraîné l’autre, difficile de les croire lorsqu’ils soutiennent qu’ils avaient besoin d’argent pour payer des dettes.

Le président de Montvallon ne peut s’empêcher de hausser le ton à entendre le plus jeune: «Elle m’a saisi une jambe, mes coups étaient une réaction de défense, j’étais stressé.» Le fait que la caissière a souhaité retirer sa plainte après avoir reçu des excuses n’y change rien. Le président ne cache pas son inquiétude devant tant de violence. D’autant plus que l’intéressé avait eu des démêlés avec la justice des mineurs pour des bagarres.

«Je croyais naïvement en vous relâchant que vous auriez compris, mais vous ne voulez même pas assumer les faits jusqu’au bout»

En étaient-ils à leur premier brigandage? Le procureur se le demande. Il observe que plusieurs vols avec violence avaient eu lieu dans le quartier, qu’ils ont cessé avec l’arrestation de ces deux jeunes. Rien cependant ne permet d’en dire davantage, même si le Chilien a admis avoir dit à son comparse qu’il n’en était pas à son premier coup, par bluff selon lui, afin de l’impressionner.

Contre le jeune homme âgé aujourd’hui d’à peine 20 ans, le magistrat a requis 15 mois avec un long sursis de 5 ans.

Persuadé que le Chilien était le meneur, le Parquet a demandé qu’il soit condamné à 20 mois, également avec sursis pendant 5 ans. Et si le tribunal suit le Ministère public, c’est une expulsion qui devrait être aussi prononcée. Le brigandage figure sur la liste des infractions entraînant une expulsion automatique sous réserve de conditions humaines exceptionnelles, non réunies selon le procureur par cet homme né au Chili et qui y a passé davantage d’années qu’en Suisse. Verdict demain. (24 heures)

Créé: 11.02.2019, 18h30

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