Donald Trump en mode autodestruction

Etats-Unis Le républicain a déclenché une pluie de polémiques qui mine sa campagne et a provoqué une crise au sein de son propre parti.

Donald Trump, le 1er août, en campagne électorale en Pennsylvanie.

Donald Trump, le 1er août, en campagne électorale en Pennsylvanie. Image: John Moore (AFP)

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Donald Trump est un homme en guerre. En guerre contre la famille d’un soldat américain musulman tué en 2004 en Irak. En guerre contre les leaders de son propre parti républicain. En «guerre» contre un bébé en pleurs qui l’a dérangé mardi pendant l’un de ses meetings. Et en guerre contre le sacro-saint respect que les Américains vouent à leurs vétérans, lorsqu’il a plaisanté sur le «Purple Heart», la prestigieuse médaille que lui avait donnée un ancien soldat blessé au combat.

Donald Trump, un homme qui a échappé à la guerre du Vietnam cinq fois en invoquant des raisons médicales et ses études, a affirmé mardi qu’il «rêvait» d’obtenir un «Purple Heart» et a sous-entendu qu’il était «plus facile» de le recevoir en faisant campagne plutôt qu’en étant blessé au combat.

Semaine désastreuse

Les polémiques à répétition projettent l’image d’un candidat en mode autodestruction à moins de cent jours de l’élection présidentielle américaine. La semaine désastreuse de Donald Trump a débuté dimanche lorsqu’il s’en est pris aux parents de Humayun Khan, un capitaine musulman de l’armée américaine, mort en Irak.

Malgré les condamnations de nombreux élus républicains, dont Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants, et du sénateur John McCain, Donald Trump a continué à critiquer la famille Khan. Il a contré Paul Ryan et John McCain en refusant de soutenir officiellement leur campagne pour leur réélection au Congrès. Et s’est justifié en sous-entendant notamment que Paul Ryan était faible.

Le bras de fer de Trump avec Paul Ryan, ses affronts aux vétérans, sa décision d’éjecter de l’un de ses meetings une maman dont le bébé pleurait et ses propos minimisant les problèmes de harcèlement sexuel au travail ont approfondi les divisions républicaines cette semaine. Mike Pence, le candidat conservateur à la vice-présidence, s’est désolidarisé de Trump mercredi en soutenant Paul Ryan.

Vote pro Clinton

Richard Hanna, le représentant de New York, est devenu mardi le premier élu républicain du Congrès à annoncer qu’il voterait pour Hillary Clinton en novembre. Il a aussitôt reçu un soutien de poids de Meg Whitman. La patronne républicaine de la compagnie Hewlett-Packard a révélé son soutien pour Hillary Clinton afin de stopper un Donald Trump qu’elle a qualifié de «démagogue malhonnête».

L’attitude kamikaze du candidat qui a été dépassé par Hillary Clinton dans les sondages ces derniers jours interpelle. La chaîne NBC a révélé mercredi que les proches de Donald Trump prévoyaient une «intervention» pour tenter de le remettre sur les rails.

La tâche s’annonce délicate si l’on en croit le récent profil psychologique qu’a dressé Dan McAdams dans le magazine Atlantic. Ce professeur de psychologie de la Northwestern University a souligné le mariage explosif chez Donald Trump entre une attitude extraordinairement «extravertie», narcissique, et une absence extrême de convivialité se manifestant notamment par un manque d’empathie.

Propos de predant

Dan McAdams a aussi souligné que la colère et la prise de risques étaient inhérentes à la personnalité de Trump. Et il a conclu en affirmant: «C’est toujours Donald Trump jouant le rôle de Donald Trump et se battant toujours pour gagner, mais en ne sachant jamais pourquoi.»

En difficultés après ses multiples faux pas, Donald Trump semble avoir commencé à préparer ses supporters à une possible défaite en novembre en affirmant mardi que l’élection présidentielle serait «pipée».

Créé: 03.08.2016, 21h41

Trump-Hollande: l’enfer, c’est l’autre

Dans son réservoir inépuisable de vannes, Donald Trump a placé la France au rang de sujet porteur: la France, c’est sa représentation idéale de l’enfer. «Vous avez vu ce qui s’est passé avec le prêtre? La France n’est plus la France», déclarait-il après l’assassinat du Père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray.

«Des amis français me disent qu’ils ont parfois le sentiment de n’être plus vraiment chez eux quand ils se promènent, çà et là, dans leur pays», lançait-il déjà en février, en laissant entendre que «Paris n’est plus ce qu’il était».

Ce «French bashing», qui sert aussi à soutenir ses attaques envers les musulmans, avait fait sortir de ses gonds le premier ministre français, Manuel Valls, qui a rétorqué sur Twitter: «La France est toujours la France, et la France est forte.»

Mais la représentation de l’enfer existe aussi de ce côté de l’Atlantique, et on ne se prive pas de l’exploiter. Mardi, François Hollande, déjà en campagne électorale, ne s’est pas gêné de lâcher une petite phrase sur ce Donald Trump dont les excès lui donnent «un sentiment de haut-le-cœur».

Et de préciser: «Surtout quand on s’en prend à un soldat, à la mémoire d’un soldat», en allusion aux attaques que le candidat républicain a adressées à la famille d’un soldat musulman, Humayun Khan, mort en Irak en 2004. Une vanne qui sert parfaitement l’image de droiture de François Hollande. C.M.

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