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Ebola: trois survivants sur quatre gardent des séquelles

Un an après leur sortie de l’hôpital, les malades ayant survécu au virus souffrent d’un syndrome post-Ebola

Jusqu’ici, très peu de données existaient sur le sort des personnes ayant survécu à Ebola.
Jusqu’ici, très peu de données existaient sur le sort des personnes ayant survécu à Ebola.
Reuters

L’épidémie est achevée, mais le drame continue. Une étude, publiée ce samedi dans la revue scientifique The Lancet Infectious Diseases, montre qu’un an après leur sortie de l’hôpital, trois survivants d’Ebola sur quatre souffrent encore de problèmes de santé, parfois graves.

«Durant l’épidémie, les patients infectés sortaient des centres de soins lorsque le virus n’était plus détectable dans leur sang. Ils étaient considérés comme guéris et rentraient chez eux avec un sac compassionnel contenant du riz et un peu d’argent, raconte le professeur Eric Delaporte, directeur de l’unité Recherches translationnelles sur le VIH et les maladies infectieuses. Notre étude indique que les choses ne sont pas si simples et que la plupart des survivants connaissent un syndrome post-Ebola.»

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont suivi 802 personnes infectées par le virus en Guinée – sur les 1270 survivants identifiés dans le pays. Les résultats montrent qu’un an après leur hospitalisation, 40% souffrent de fatigue ou de fièvre, de douleurs musculaires (38%) et abdominales (22%), de problèmes visuels pouvant conduire jusqu’à la cécité (18%), de surdité (2%) et de dépression (17%). «La fréquence de ces symptômes a heureusement tendance à s’atténuer avec le temps, poursuit Eric Delaporte. Ils deviennent de moins en moins prégnants à mesure que l’on s’éloigne de la phase aiguë.»

Jusqu’ici, très peu de données existaient sur le sort des personnes ayant survécu à Ebola. Et pour cause: «Les précédentes épidémies étaient trop petites pour mener des telles études, explique le chercheur. Il a donc fallu connaître cette grave crise pour comprendre les conséquences cliniques et sociales du virus.» Officiellement achevée en janvier 2016, l’épidémie qui a ravagé l’Afrique de l’Ouest de décembre 2013 à la fin de 2015 a fait plus de 11 000 morts selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et 17 000 survivants. Pour ces derniers, la vie n’est pas rose. «En plus de leurs problèmes médicaux, un quart d’entre eux déclare être victime de stigmatisation, poursuit Eric Delaporte. Ils perdent leur emploi, parce que les gens ne veulent pas travailler avec des personnes contaminées par Ebola, et sombrent dans la dépression avec, pour certains, des passages à l’acte.»

Grâce à ces travaux, les scientifiques ont également découvert qu’Ebola persiste dans les fluides, bien après avoir disparu dans le sang des patients. «Nous avons notamment retrouvé sa trace dans le sperme jusqu’à 550 jours après la phase aiguë, ce qui peut engendrer une transmission sexuelle du virus», prévient Eric Delaporte, pour qui «ces données justifient un suivi médical des patients atteints d’Ebola au moins pendant les dix-huit mois qui suivent la phase aiguë de la maladie».

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