Pas d’examen obligatoire pour les chauffeurs d’Uber

Grand ConseilLa majorité des députés refuse de poser trop de contraintes aux taxis qui exercent dans le canton.

Le Lausannois Mathieu Blanc (PLR), qui a réclamé cette loi cantonale, veut éviter qu’elle soit trop contraignante.

Le Lausannois Mathieu Blanc (PLR), qui a réclamé cette loi cantonale, veut éviter qu’elle soit trop contraignante. Image: SIEBER/ARC

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Les chauffeurs de taxis conventionnels et les chauffeurs Uber ne devraient pas avoir besoin de passer un examen pour prouver qu’ils parlent français et qu’ils connaissent le réseau routier. C’est ce qu’a décidé une majorité de députés ce mardi, alors que le Grand Conseil entame une révision de la loi sur l’exercice des activités économiques (LEAE). Celle-ci vise à remettre des règles dans une profession malmenée par l’arrivée du géant américain Uber.

Le projet de réglementation s’inspire en partie de la loi genevoise, laquelle prévoit un examen préalable. Au bout du lac, tout chauffeur professionnel doit prouver qu’il connaît la topographie, qu’il est capable de prendre en charge des personnes handicapées ou qu’il maîtrise le français. La gauche aurait aimé instaurer une disposition similaire sur Vaud. «Nous n’y sommes pas parvenus, ce n’était pourtant pas une demande exagérée», regrette Arnaud Bouverat (PS), secrétaire syndical Unia. Il garde «bon espoir» pour le deuxième débat. Pour Mathieu Blanc (PLR), en revanche, député dont le postulat est à l’origine de cette refonte légale, «ce n’est pas nécessaire». La gauche et le centre réclament par ailleurs des moyens policiers afin d’effectuer des contrôles, ainsi que la création d’une commission pour mettre en œuvre cette nouvelle loi.

Fini le bricolage

Tout le monde s’entend sur quelques principes: tous les chauffeurs professionnels devront désormais obtenir une autorisation délivrée par le Canton, s’annoncer à la police du commerce et, de surcroît, respecter les règles imposées par les communes. Plus possible de bricoler en faisant le chauffeur de temps en temps, sans s’annoncer. Les entreprises de transports devront avoir leur siège en Suisse et tout conducteur devra être repérable par une carte ou un autre signe distinctif. L’unanimité s’arrête là entre les tenants du protectionnisme et les partisans du libéralisme.

«Évitons de faire le procès d’Uber», déclare Florence Bettschart (PLR), qui salue le renouveau apporté par l’application. «Partout où Uber passe, il lamine les taxis, souligne en revanche Jean Tschopp (PS). C’est une option séduisante pour la clientèle parce que souvent meilleur marché, mais ce modèle est bâti sur la précarité des chauffeurs.» À droite, quelques-uns sont favorables à une forme de protectionnisme.

Tel Guy Gaudard (PLR), qui se dit «sensible au combat que mènent les taxis professionnels. Je comprends leur indignation. Laissons la concurrence s’installer, mais pas à n’importe quel prix.»

Le conseiller d’État Philippe Leuba (PLR) a appelé les députés «remontés» contre Uber à ne pas trop se focaliser sur l’entreprise: «Une loi doit rester abstraite et ne pas viser un acteur.» Et de rappeler que cette plateforme en ligne est employée par beaucoup d’usagers. Selon des chiffres fournis par Uber en 2017, 60% des utilisateurs seraient des jeunes de moins de 35 ans, en forte hausse.

Créé: 29.01.2019, 21h45

Grand Conseil: en bref

Apprentissage: un crouille taux de stages de langues

Les petits Vaudois ne franchissent pas assez la Sarine pour apprendre l’allemand. Environ 1% des élèves bénéficieraient d’échanges linguistiques scolaires, selon les statistiques. Soit deux fois moins que la moyenne suisse, déjà guère brillante. Florence Bettschart-Narbel (PLR) et Catherine Labouchère (PLR) prient le Conseil d’État d’encourager ce genre de démarches.

Impôts: cessons d’ennuyer les bénévoles

Les associations sportives et culturelles ont toujours plus de difficulté à recruter des volontaires, s’inquiète Muriel Cuendet Schmidt (PS). L’augmentation des tâches administratives, dont la nécessité de remplir une déclaration d’impôt, renforce cette difficulté, observe la députée. Elle demande au gouvernement d’envisager une «simplification des devoirs fiscaux».

Automobiles: de l’eau dans le gaz pour les rabais

Les propriétaires de véhicules à deux carburants (méthane et essence) profitent à nouveau d’une réduction de 75% sur la taxe automobile. Le Canton est forcé de maintenir ce rabais sur ordre de la justice. Mais seuls les automobilistes qui ont fait recours ont pu se faire rembourser la part de la taxe encaissée en trop en 2018, déplore Valérie Schwaar (PS), qui interpelle le Conseil d’État.

Santé: hausse du taux d’hospitalisation

Une étude nationale a montré une hausse du taux d’hospitalisation des patients dans 47 hôpitaux du pays. Le CHUV et d’autres hôpitaux vaudois sont concernés. «Cette tendance est assez significative pour être une alerte», estime Carole Dubois (PLR). Elle demande dans un postulat qu’une étude soit menée sur le phénomène à l’échelon du canton.

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