Elle manie le puck, le ballon ovale et fonce au guidon de sa moto

MultisportsPauline Clopt joue au hockey avec Forward Morges, au rugby avec les Wildcats à Meyrin, quand elle n’est pas sur un circuit.

Si sa priorité va au hockey sur glace, Pauline Clopt (ici sous le maillot du HC Forward Morges) n’entend lâcher ni le ballon de rugby ni son attirail de pilote de moto. Les passions sportives de cette touche-à-tout sont multiples.

Si sa priorité va au hockey sur glace, Pauline Clopt (ici sous le maillot du HC Forward Morges) n’entend lâcher ni le ballon de rugby ni son attirail de pilote de moto. Les passions sportives de cette touche-à-tout sont multiples. Image: LAURENT GUIRAUD

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Quand elle plonge au fin fond de sa mémoire, elle ne se revoit pas jouer à la poupée, mais plutôt à la dînette avec un petit voisin. Elle se souvient aussi qu’elle déclenchait la colère d’un de ses frères lorsqu’elle lui piquait ses petites voitures dans sa chambre. «J’étais surtout son cobaye: il me mettait dans la cage de but et il me tirait dessus!» Pauline Clopt, qui aurait bien voulu devenir gardienne, a passé son enfance dans la campagne genevoise à jouer au hockey, quand elle ne se trouvait pas dans les gradins de la patinoire des Vernets avec son père ou son grand frère, Nicolas. «Mais il y a une vingtaine d’années, on ne voyait pas trop de filles manier la crosse», regrette cette hyperactive, qui n’a jamais réussi à tenir sur la glace autrement qu’avec des patins masculins aux pieds. «Depuis toute petite, j’ai toujours pratiqué énormément d’activités. J’ai eu la chance de pouvoir compter sur des parents compréhensifs, qui m’ont suivie partout, sans forcément me pousser», explique celle qui s’est aussi essayée, avec succès, à des compétitions de pony games. «J’ai même été championne de France de la spécialité», précise Pauline Clopt, qui s’occupe encore régulièrement d’Ermes, son poney.

En quête de sponsors

Plutôt «garçon manqué», la gamine avait des rêves plein la tête, dont celui de piloter un jour une moto, comme Pierre, son autre grand frangin. Mais sa mère a opposé son véto: tant qu’elle vivrait au domicile familial, ce ne serait pas possible. La jeune femme de 30 ans dispose aujourd’hui de sa bécane, une Yamaha R6 (600 cm3) au guidon de laquelle elle dispute, pour la première fois cette année, des courses de vitesse en circuit en France, dans le cadre de la Women’s Cup. «Ma meilleure amie, Alba, m’a conseillé d’essayer la piste et j’ai craqué!» Cette force de la nature, qui compte participer à quatre manches (le championnat complet) la saison prochaine, cherche déjà des gens pour l’accompagner et, surtout, des sponsors pour financer sa nouvelle passion.

En attendant que la saison des courses sur le circuit redémarre, cette touche-à-tout va pouvoir jongler entre deux autres de ses passe-temps. Comme il est désormais possible, pour les filles, de jouer au hockey, celle qui est devenue avec les années supportrice de Fribourg Gottéron porte le tricot de… Forward Morges. «Au début, avec des copines, on avait gagné trois quarts d’heure de glace à Sous-Moulin lors d’une partie de poker, à Verbier, à l’occasion d’un camp où nous étions accompagnatrices», raconte Pauline Clopt. À quoi ça tient! Après une première aventure «loisir» à Trois-Chêne, suivra une seconde à Meyrin. Puis les jeunes femmes étaient contactées par Laurent Perroton, directeur des opérations à Morges, qui souhaitait créer une section féminine inscrite en championnat. «On s’entraîne le lundi et le vendredi à partir de 22 h 45, et tout le monde joue. Nous n’avons pas l’ambition de devenir championnes du monde, mais nous gagnons certains matches!» se marre l’avant-centre de la formation des Eaux Minérales.

Et depuis peu, comme si tout cela ne suffisait pas à son bonheur, Pauline Clopt s’est encore extraite un peu plus de la mêlée pour se mettre au rugby, répondant ainsi au défi de son autre meilleure amie, Nicole. «Comme elle était venue avec moi s’entraîner au hockey à Morges, pour essayer, il fallait que j’en fasse de même pour découvrir ce sport dont j’ignorais tout, ou presque.» C’est ainsi qu’elle a trouvé l’ouverture avec les Wildcats du CERN Meyrin, championnes de Suisse en LNA. «J’ai tout de suite adoré, précise Pauline. En plus, c’est une chance et un plaisir d’être directement confrontée au haut niveau.» La rookie de l’Ovalie, qui n’a pas peur de (se faire) plaquer, a juste augmenté ses frais d’ostéo!

Deux matches le même jour

Comme il n’y a que sept jours dans la semaine et qu’une journée n’excède pas vingt-quatre heures, comment la jeune femme s’organise-t-elle, sachant qu’elle doit bien travailler en plus de tout ça? «Heureusement, les entraînements de rugby ont lieu le mardi et le jeudi, quand il n’y a pas de hockey. Et ils sont compatibles avec mes horaires professionnels», se réjouit ce pilier des Wildcats, qui parvient tout de même à passer du temps, le dimanche soir, avec sa famille. «Mais s’il y a deux matches en même temps, ma priorité reste le hockey», ajoute la capitaine des Morgiennes, non sans préciser qu’elle ne craint pas de disputer deux rencontres en une journée. «Beaucoup de gens dans mon entourage estiment que je fais trop de choses, mais pour moi, tant que j’ai la santé et que cela ne devient pas une contrainte, ce n’est que du bonheur!»

Créé: 24.10.2018, 17h50

Carte de visite

Nom:
Clopt.
Prénom:
Pauline.
Née le:
8 février 1988 à Genève.
Mensurations:
162 cm/60 kg.
Sports pratiqués régulièrement:
hockey sur glace (à Morges), rugby (Geneva Wildcats)
et motocyclisme (Women’s cup
en France).
Palmarès:
championne de France de… pony game en 2000.
Instagram:
popo_188.

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DR

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