Les fonctionnaires fribourgeois à la caisse?

RetraiteLa baisse des espérances de rendement sur les marchés financiers entraîne une perte des perspectives de rente aussi dans le canton de Fribourg.

L'Etat de Fribourg pourrait passer à la caisse en amenant entre 442 et 570 millions de francs. (Photo d'illustration)

L'Etat de Fribourg pourrait passer à la caisse en amenant entre 442 et 570 millions de francs. (Photo d'illustration) Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Le comité de la Caisse de prévoyance du personnel de l'Etat de Fribourg (CPPEF) a présenté plusieurs options, à quelque 1 milliard de francs au total, pour assurer son financement futur. Les fonctionnaires pourraient notamment en faire les frais.

Parmi ses propositions, la CPPEF préconise de passer d'un plan de prévoyance en primauté des prestations à un plan en primauté des cotisations. Selon le comité, ce système lui permettrait notamment de réagir de façon plus adaptée aux fluctuations des marchés boursiers et d'améliorer sa capacité de pilotage.

«Il en résulte toutefois un transfert du risque lié à la performance des placements vers les assurés» a reconnu jeudi devant les médias réunis à Fribourg Gérald Mutrux, vice-président de la CPPEF. Pour cette raison, le comité sollicite le financement de mesures transitoires, ainsi qu'une recapitalisation partielle.

La baisse des espérances de rendement sur les marchés financiers, notamment, entraîne une perte moyenne des perspectives de rente de l'ordre de 21%, ont calculé les représentants de la CPPEF. Pour les assurés de plus de 50 ans, les pertes pourraient même dépasser 30%. Les bénéficiaires actuels de rentes ne seraient toutefois pas touchés par cette révision.

Mesures transitoires

Afin de minimiser la perte subie, le Comité présente deux modèles de mesures transitoires de compensation. Le premier prévoit, pour les assurés de plus de 50 ans, un mécanisme de limitation de la baisse maximale des prestations à 15%, modulée en fonction de l'âge.

Le second propose, pour les assurés de plus de 52 ans, de travailler deux ou trois ans de plus selon les cas pour conserver la rente attendue à 62 ans du plan actuel. Le mécanisme serait aussi modulé en fonction de l'âge.

Pour financer ces mesures, le comité sollicite des employeurs affiliés, soit principalement l'Etat de Fribourg, entre 442 et 570 millions de francs, selon le modèle et la variante retenus.

Le comité propose par ailleurs une recapitalisation partielle de la caisse. Celle-ci permettrait d'augmenter la réserve de fluctuations de valeur, actuellement insuffisante, et nécessaire pour faire face à la volatilité des marchés financiers.

Pour ce faire, un apport en capital à hauteur de 500 millions de francs est sollicité. Il permettrait en contrepartie une diminution de 3 points du taux de cotisation actuel.

Processus de consultation

Les discussions avec les partenaires sociaux vont bientôt débuter, puis une procédure de consultation sera lancée par le Conseil d'Etat lors du dernier trimestre de cette année. Le processus parlementaire devrait ensuite s'étendre sur l'année 2019. Une entrée en vigueur de la loi est espérée au 1er janvier 2020.

«Il s'agit d'un gros dossier, mais nous nous devons d'agir sans plus tarder pour éviter que la facture n'augmente pour l'Etat et les assurés», a relevé le président du comité Georges Godel, par ailleurs président du Conseil d'Etat et chef des finances. Ce dernier reconnaît qu'il faudra trouver un consensus politique, mais ne s'attend pas à une levée de boucliers, estimant que le projet est suffisamment équilibré.

Déséquilibre structurel

Le comité de la CPPEF justifie la révision du plan de prévoyance par des contraintes légales, mais aussi par l'augmentation de l'espérance de vie, la péjoration du rapport actifs/retraités, ou la baisse de l'espérance de performance sur les marchés financiers. En outre, le taux d'intérêt technique baissera de 3,25% à 2,25% au 1er janvier 2020.

Les projections des experts montrent ainsi que la caisse enregistre un déséquilibre structurel à long terme qui ne permet plus de financer les prestations réglementaires actuelles. Sans mesures, les exigences fédérales ne seraient plus respectées et le chemin de croissance ne serait plus suivi.

Le maintien du statu quo nécessiterait un versement d'environ 1,8 milliard de francs dans la caisse, ou une augmentation de 5,7 points de cotisations, pour verser les prestations actuelles pour toute les personnes assurées, note encore le comité. Sans cet apport, une baisse des prestations de l'ordre de 20% devrait être appliquée. (ats/nxp)

Créé: 14.06.2018, 18h36

Articles en relation

Feu vert de Fribourg à une bibliothèque modernisée

Votation 10 juin Les Fribourgeois ont plébiscité à 81,01%, le projet d'agrandissement et de modernisation de la Bibliothèque cantonale et universitaire devisé à 79 millions de francs. Plus...

Plus de rentes à vie pour les conseillers d'Etat?

Canton de Fribourg Deux députés fribourgeois ont déposé une motion pour que les membres du gouvernement ne reçoivent plus une rente à vie après leur départ. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Publié le 19 septembre 2018.
(Image: Bénédicte) Plus...