À fondation privée, mission publique

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Qui paie commande! C’est en substance ce que les trois cantons et la Ville de Lausanne, principaux bailleurs de fonds de la Haute École de musique Vaud-Valais-Fribourg (HEMU), ont affirmé jeudi matin lors d’une conférence de presse. Le geste est fort. Car on assiste bien à l’ingérence inhabituelle de l’État dans les affaires d’une fondation de droit privé. Le message a d’ailleurs du mal à passer, si on en croit les visions contradictoires des autorités et de la fondation de la HEMU. Quand les unes disent fermement ce qu’elles vont faire, l’autre répond: «Il faudra encore que l’on soit d’accord.» Quand les premières disent l’insuffisance d’un audit qui propose des mesurettes en réponse à une grave crise, l’autre se félicite des conclusions du même audit et insiste: «Il n’y a pas de crise.»


A lire: Après la crise, la refonte de la Haute École de musique


Vingt-sept démissions en moins de trois ans. Un climat délétère qui menace jusqu’aux missions académiques de l’institution. Face à l’ampleur des dégâts, les réponses idéalistes du conseil de fondation de la HEMU interrogent. Sans compter qu’elles sont unilatérales: l’État a été informé d’un plan comm’de l’institution, sans y être associé. Cet aréopage semble avoir oublié un détail d’importance. Même chapeautée par une fondation privée, la Haute École de musique a une mission éminemment publique. La formation des futurs musiciens de trois cantons ne peut être laissée à l’appréciation de quelques dirigeants. Et la bonne marche d’un paquebot réunissant 250 professeurs et 1700 étudiants ne peut pâtir de conflits interpersonnels larvés.

Ce sentiment de coudées franches est sans doute lié à un passé de beau temps, où les représentants des autorités siégeant au conseil de fondation ont davantage joué le rôle de chambre d’enregistrement que celui de décideurs. Mais le vent a tourné. Récemment arrivée à la tête du Département de la formation, Cesla Amarelle a peu goûté d’apprendre par voie de presse les dysfonctionnements d’une institution financée par les pouvoirs publics. Avec elle, les cantons de Fribourg et du Valais, ainsi que la Ville de Lausanne, ont pris leurs responsabilités. Comme le dit la conseillère d’État, «il est attendu que le conseil de fondation prenne les siennes». (24 heures)

Créé: 08.03.2018, 22h11

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