Des honoraires de Tridel finissent dans les Alpes

VaudDes bonus du conseil d’administration de la société publique ont atterri dans des fondations et une association dont Olivier Français est membre

Olivier Français.

Olivier Français. Image: Keystone

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Les Diablerets ne font pas incinérer leurs déchets à l’usine Tridel de Lausanne, mais à la Satom à Monthey, en Valais. C’est pourtant bien dans cette station qu’une part des honoraires 2016 du conseil d’administration de l’usine vaudoise ont terminé leur course. Cette société, entièrement en mains publiques, a octroyé des primes de départ à certains de ses administrateurs l’année dernière. La valeur totale de ces rémunérations extraordinaires est de plus de 100'000 francs.

Sur ce montant, 30'000 francs ont atterri à l’association Amis Film Alpin qui soutient le Festival du film des Diablerets, dont Olivier Français est président, ont appris 24 heures et le Tages-Anzeiger . L’ancien municipal des Travaux lausannois a siégé au conseil d’administration de Tridel jusqu’en juin 2016. Des sommes plus ou moins équivalentes ont été versées à la Fondation VD3209, dont il est membre fondateur, et à la Fondation pour les intérêts d’Isenau, dont il est ambassadeur.

«Ces versements ont été faits par Tridel sur la base d’une décision du conseil d’administration de Tridel à laquelle je n’ai pas participé», précise Olivier Français. Cette décision a été prise durant le premier semestre 2016.

La relation entre Lausanne et le Festival du Film des Diablerets semble être une passion depuis plusieurs années. En 2015, déjà, la Ville avait effectué un versement de 30'000 francs. Dans ce cas, la Municipalité avait été informée et avait accepté que les indemnités que Monsieur Français avait touchées pour un mandat particulier au CEVA soient reversées au festival.

«Le règlement est clair»

Le syndic de Lausanne, Grégoire Junod, rappelle que «le règlement de la Municipalité est clair: les jetons de présence des élus qui siègent dans différentes institutions dans le cadre de leur mandat reviennent à la Commune».

Son ancien collègue à la Municipalité aborde cette question différemment: «Mon obligation morale était de ne pas toucher cet argent à titre personnel, conformément à ma pratique constante durant mes seize années à la Municipalité de Lausanne», estime Olivier Français.

Le président et administrateur-délégué de Tridel SA, Stefan Nellen, a lui touché de l’argent en plus de ses honoraires habituels, en 2016. Mardi, l’homme qui a aussi été le coprésident du comité de campagne d’Olivier Français en 2015, ne voulait toujours pas en donner le montant. Ce qui est étonnant dans le cas d’une entreprise comme Tridel. «Il s’agit de sociétés publiques, indique Grégoire Junod, il y a donc évidemment un devoir de transparence de la part de ces sociétés et des membres de leur conseil d’administration.»

Audit

La Municipalité de Lausanne a demandé à Tridel d’accepter un audit. Celui-ci permettra, notamment, de savoir si cet argent investi l’a été dans l’intérêt de la société et de ses actionnaires.

Mardi soir, au Conseil communal de Lausanne, le groupe socialiste, celui des Verts, ainsi qu’Ensemble à Gauche, accompagné du PDC Manuel Donzé et de l’UDC Anita Messere, ont déposé une interpellation urgente intitulée: «Tridel: du pollueur-payeur à l’incinérateur - encaisseur?» (24 heures)

Créé: 01.11.2017, 08h41

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