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Marine Le Pen part à la conquête du pouvoir avec un nouveau FN

Exit le Front national. Le Rassemblement national prend le relais pour devenir un véritable parti de gouvernement.

Marine Le Pen propose à ses militants de rebaptiser le FN Rassemblement national.
Marine Le Pen propose à ses militants de rebaptiser le FN Rassemblement national.
Keystone

Ne dites plus Front national, dites Rassemblement national. Tel est le nouveau nom du parti que Marine Le Pen a proposé à ses militants dimanche après-midi lors de la clôture du XVIe congrès de la formation lepéniste. Accouchement laborieux: seuls 52% des adhérents ont approuvé le principe d’un changement patronymique. Et accouchement non encore porté à son terme, les membres devant encore l’approuver par voie postale suivie d’un constat d’huissier. Si le nouveau nom est rejeté, le parti d’extrême droite continuera à s’appeler Front national.

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Lire l'édito:Le Front national frétille encore

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«Nous avons été parti de protestation, puis d’opposition. Il faut maintenant qu’il ne fasse aucun doute aux yeux de chacun que nous sommes un parti de gouvernement. Nous transformons le Front national pour devenir un pôle de rassemblement en vue de conquérir le gouvernement», a plaidé Marine Le Pen en présentant le nouveau nom.

Placé sous le signe de la refondation, ce congrès a surtout été celui de la reprise en main par Marine Le Pen à l’occasion de la révision des statuts. «Nous avions peut-être une gouvernance trop verticale. Nous allons donner plus d’autonomie aux fédérations. Mais plus d’autonomie, cela signifie plus de responsabilités», a-t-elle expliqué aux congressistes. En effet, ces statuts semblent donner plus d’air aux instances locales du parti ex-FN. Néanmoins, le lien entre les responsables régionaux et les instances centrales, entièrement à la main de Marine Le Pen, sera plus direct. De plus, celle-ci dirigera elle-même les commissions les plus sensibles, surtout celles des investitures de candidats aux élections.

La composition des différentes instances de direction relève également de dosages subtils. La patronne lepéniste s’est entourée de sa vieille garde rapprochée (Louis Aliot, Steve Briois, Jean-Lin Lacapelle, Gilbert Collard, etc.) mais en y ajoutant de jeunes dirigeants qui ont le profil et l’âge de Marion Maréchal-Le Pen, à l’instar de Nicolas Bay, devenu proche de l’ancienne députée du Vaucluse. Serait-ce pour assurer en douceur la transition dynastique entre la tante et la nièce? Absente à ce congrès, la jeune femme y fut présente dans toutes les discussions et semble faire l’unanimité. «Après Marine, ce sera elle», nous assure une militante vendéenne très attachée à l’actuelle présidente du parti. D’ailleurs, selon un récent sondage Ifop, 83% des sympathisants de la formation lepéniste souhaitent le retour en politique de Marion Maréchal-Le Pen.

Après son intervention remarquée au congrès des conservateurs américains, la création d’une académie pour former les futurs dirigeants de la droite radicale et ses tribunes dans Valeurs actuelles, la nièce place ses pions, élargit ses réseaux. Et à la prochaine élection présidentielle, elle n’aura que 32 ans…­

L’invité Steve Bannon

Commencé dans la morosité, le congrès s’est achevé dans une humeur plus guillerette. Sans doute le galvanisant discours de Steve Bannon a-t-il sa part dans cette évolution. En faisant acclamer Marion Maréchal-Le Pen et en rappelant les succès italiens et autrichiens des «partis frères», l’ancien conseiller de Trump a réveillé les ardeurs frontistes. Cela dit, le choix d’un tel personnage, incontrôlable et ouvertement raciste – même Trump a dû le virer –, ne se situe pas vraiment dans la ligne de dédiabolisation que Marine Le Pen affirme poursuivre. Sans doute cet aspect a-t-il pesé moins lourd que le bruit médiatique assuré par la présence à Lille de ce sulfureux mais efficace bateleur de réseaux.

Sur la lancée de l’intervention de Steve Bannon, Marine Le Pen a dressé la cible principale – à part le président Macron – de son nouveau parti: l’Union européenne. «Avec les autres partis amis, nous pouvons obtenir la majorité des sièges au Parlement européen pour détruire de l’intérieur cette Union qui étouffe les nations afin de construire l’Union des nations européennes; elle facilitera la collaboration entre nations souveraines sans entraver leurs libertés.» Le cap est donc fixé: les élections européennes de mai 2019.

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