«En tant que pompier, on constate que la planète se dérègle»

PenthalazJuin a été particulièrement éprouvant pour les pompiers du SDIS Région Venoge.

Le 15 et le 20 juin, de violentes intempéries ont inondé Cossonay et ses alentours.

Le 15 et le 20 juin, de violentes intempéries ont inondé Cossonay et ses alentours. Image: SDIS Venoge

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La caserne de Penthalaz est calme en ce jeudi après-midi. À mille lieues de ce à quoi elle ressemblait il y a encore quelques semaines. «C’est vrai qu’on a eu un sacré mois de juin», soupire le major Thierry Burnat, commandant du SDIS Région Venoge qui couvre 27 communes entre L’Isle, Vufflens-la-Ville et La Sarraz.

Le 15 juin tout d’abord, avec un orage d’une violence extrême. «Je n’ai jamais vu un épisode aussi localisé. C’est comme si on versait un pot d’eau et que tout arrivait au même endroit, image le commandant. Ce week-end-là, Cossonay recevait en plus la Journée des communes vaudoises. Quand vous voyez la cantine de 1500 places commencer à se gonfler à cause du vent, c’est très impressionnant. Nous avons d’ailleurs dû faire évacuer la place de fête.»

De plus en plus d'épisodes d’intempéries violents

Avec plus de 115 interventions pour quelque 120 sapeurs-pompiers volontaires mobilisés, l’événement pouvait être qualifié d’exceptionnel. Et pourtant, cinq jours plus tard, le ciel est à nouveau tombé sur la tête des pompiers du SDIS, au même endroit. Thierry Burnat fait un constat implacable de ce double déluge. «Ça fait plusieurs années qu’on se dit «Je n’ai jamais vu ça!» et on le prononce de plus en plus souvent. En tant que pompier, on constate que la planète se dérègle. Ce genre d’épisode d’intempéries violentes et soudaines se répète de plus en plus. Avant, nous vivions un cas de ce genre tous les trois ou quatre ans. Maintenant, c’est une à deux fois par année, voire plus.»

Si ce type d’intempéries risque de se reproduire régulièrement, les pompiers comptent bien se préparer en conséquence. «Il est important de regarder en arrière et de voir ce que l’on peut améliorer. Il y a des choses que l’on peut faire, assure le commandant. Anticiper le matériel pour gagner du temps ou mobiliser à l’avance du personnel en caserne par exemple. D’autant que nous connaissons notre région et ses endroits à risque.»

Apprendre à anticiper les risques

Pour autant, les moyens ne sont pas infinis. «Nous avons la chance d’avoir un effectif conséquent, entre 350 et 400 sapeurs. Mais lorsque nous devons effectuer 50 interventions, il est impossible d’avoir 50 véhicules à déployer. Il y aura toujours un travail de hiérarchisation à faire.»

Un travail qui doit être effectué par les pompiers, mais qui peut être anticipé chez les citoyens aussi, comme l’explique Thierry Burnat: «On nous appelle une fois que c’est inondé. Mais lorsque l’on reçoit les avertissements pour des orages de degrés 3, il y a plusieurs choses à faire pour anticiper les dégâts. Ce changement de mentalité mettra du temps à se concrétiser.»

Créé: 21.07.2019, 17h47

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