Pompiers et policiers sont prêts à tout avec la canicule

ReportageLe nombre d’interventions des pompiers explose, tandis que la police de la navigation redouble de vigilance.

Sur le Rhône et sur le lac, André Duport (en haut) et Kevin Samson (dans les photos en bas), de la police de la navigation, ont redoublé de vigilance, samedi, en plein épisode caniculaire où l’eau a été prise d’assaut par les nageurs et navigateurs.

Sur le Rhône et sur le lac, André Duport (en haut) et Kevin Samson (dans les photos en bas), de la police de la navigation, ont redoublé de vigilance, samedi, en plein épisode caniculaire où l’eau a été prise d’assaut par les nageurs et navigateurs. Image: LAURENT GUIRAUD

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«La courbe des interventions des pompiers colle à celle des températures depuis une dizaine de jours.» Pas de trêve estivale pour le Service d’incendie et de secours (SIS), constate le capitaine Frédéric Jaques. Les pompiers professionnels sont sollicités à tout-va, surtout sur la terre ferme. Tandis que sur l’eau, prise d’assaut, les gendarmes de la brigade de la navigation redoublent de vigilance. À quoi ont été confrontés ces deux corps au service de la population durant ce week-end d’alerte caniculaire?

Les chiffres donnent le tournis. «Durant la journée et la nuit de samedi, nous avons effectué trente-sept interventions. C’est considérable pour un jour sans manifestation particulière. Un samedi ordinaire, on en compte vingt à vingt-cinq», observe Frédéric Jaques. Le SIS a déjà été confronté à pareil phénomène en 2015, lors du précédent épisode caniculaire. «On se rend compte que la chaleur perturbe la vie du citoyen genevois mais aussi les infrastructures.»

Relevage de personnes

Contre toute attente, ce ne sont pas uniquement les incendies qui donnent du fil à retordre au personnel, en effectif réduit à cette période de l’année. Toute la typologie des interventions augmente, y compris les inondations! «Sur les trente-sept interventions, nous avons eu neuf inondations en raison de systèmes de climatisation défaillants, de conduites d’eau qui ont sauté dans la rue et de ruptures de canalisation dans des immeubles.» Dans ces deux derniers cas, la cause est sans doute liée à une surconsommation d’eau, analyse le capitaine. Les pompiers ont dû davantage intervenir sur des pannes d’ascenseur, dont les machineries semblent aussi souffrir de la chaleur. Idem pour les alarmes automatiques qui s’affolent.

Et puis, le SIS a été appelé six fois dans la nuit de samedi à dimanche pour relever des personnes âgées ou à mobilité réduite tombées en cherchant à s’hydrater. L’activité lacustre et fluviale intense aurait pu donner du fil à retordre aux pompiers et aux policiers. Aucune alerte n’a pourtant perturbé ce samedi. À bord d’un delta bleu et noir, deux agents de la brigade de la navigation gardent l’arme à la ceinture mais disposent de tout l’équipement nécessaire au sauvetage. Leur mission est moins répressive que préventive. C’est apprécié. Leur passage sur le Rhône bondé et bouillonnant à 26,8° C déclenche des salutations. «On ne vous aime pas, mais ici on vous aime bien!» crie un nageur. «Les gens que nous croisons sur l’eau savent que nous sommes là pour leur rendre d’abord service», relève l’appointé Kevin Samson, ancien moniteur de voile.

Alerte au crocodile

À la Jonction, des dizaines de nageurs s’accrochent à un sac étanche. D’autres, canette à la main, défilent sur des bouées géantes en contemplant cette nature en ville sur une eau calme. Le rythme est donné par le barrage du Seujet, quasi fermé. Un élément à prendre en compte pour s’immerger en toute quiétude, mais pas seulement. «L’eau est belle. On voit le fond. On ne se rend pas compte du courant qu’il peut y avoir dans la veine centrale. Il peut surprendre, engendrer de mauvais réflexes, faire paniquer et entraîner une noyade. Sur les bords, les racines immergées peuvent surprendre et piéger les nageurs. Et à certains endroits, il y a même diverses constructions sous l’eau», décrit le gendarme André Duport, également professeur de natation. À la pointe de la Jonction, le muret traçant la ligne de démarcation entre le Rhône et l’Arve, utilisé comme un jeu, peut s’avérer sournois. «Nous sommes intervenus pour un homme qui marchait dessus, a été déséquilibré et est tombé du mauvais côté, dans l’Arve glaciale», se souvient Kevin Samson. Les habitués du Rhône connaissent généralement bien ses pièges.

La hausse de la fréquentation des eaux amène son lot d’appels insolites. «Il y a quelques jours, une personne nous a signalé très sérieusement la présence d’un crocodile dans le lac…» sourit André Duport. Les inattentifs font aussi appel à eux. «Récemment, une touriste a fait tomber sa béquille dans le lac, que nous sommes allés récupérer.» Et pour les téléphones glissant au fond de l’eau, «nous y allons si nous avons les effectifs suffisants». Depuis peu, la brigade a été renforcée et compte désormais seize agents.

Créé: 05.08.2018, 21h06

Sans clim, le Musée d’art et d’histoire ferme des salles

Le Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH) est contraint de fermer certaines salles au public depuis samedi, à cause de la canicule. Cette mesure est prise dès que le thermomètre dépasse 30 degrés à l’intérieur, indique à Keystone-ATS le directeur de l’institution, Jean-Yves Marin.

Comme le MAH n’a pas pu être rénové et ne dispose plus de climatisation depuis fort longtemps, le plus grand musée de Suisse romande doit fermer des salles à l’atmosphère étouffante pour les visiteurs et les surveillants. Ce dispositif est activé deux jours par année en moyenne, mais celle-ci est déjà dépassée en 2018. «C’est une situation que je suis le premier à déplorer. On peut souhaiter que le musée connaisse une rénovation dès que possible», réagit Jean-Yves Marin. Des relevés réguliers sont faits et le contrôle s’opère presque heure par heure par les services de sécurité. Le personnel s’est aussi organisé et a installé une dizaine de ventilateurs pour rafraîchir le lieu.

C’est généralement le premier étage du MAH, celui des beaux-arts, qui est concerné par ces fermetures. Au rez-de-chaussée, le mercure plafonne souvent à 26 ou 27 degrés. Pour les œuvres, la chaleur n’est pas dramatique. Ce qu’elles redoutent, ce sont les brusques changements de température, constate-t-il. Samedi, une salle de peintures est restée ouverte au public. Celle consacrée à l’exposition «Hodler intime», mise sur pied dans le cadre du centenaire de la mort de l’artiste, et qui complète l’exposition «Parallélisme», actuellement au Musée Rath.

S.R. avec ATS

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