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En retouchant son logo, le LS suscite une vive controverse

Ineos associe sa marque à l’emblème du club. Mesure qui a déclenché une vague de réactions. Sont-elles disproportionnées?

Un liseré de couleur dorée, ainsi qu’un «o» revu à l’enseigne d’Ineos, la société désormais propriétaire du club, deux éléments qui n’ont pas tardé à lancer le débat…
Un liseré de couleur dorée, ainsi qu’un «o» revu à l’enseigne d’Ineos, la société désormais propriétaire du club, deux éléments qui n’ont pas tardé à lancer le débat…
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«Honteux», «ignoble», «dégueulasse», «scandaleux», la liste est longue des qualificatifs qui accompagnent les premières heures de vie du nouveau logo du Lausanne-Sport. Dévoilé mercredi en début d’après-midi, il a très vite suscité pas mal de réactions sur les réseaux sociaux. Des propos souvent courroucés qui peuvent bien sûr paraître excessifs. À moins que la question de fond – a-t-on le droit de retoucher ainsi un symbole? – soit jugée pertinente. Nous avons ouvert le débat en sollicitant quelques visiteurs réguliers de la Pontaise.

Mais regardons d’abord d’un peu plus près l’objet de la controverse! Dans les grandes lignes, le logo n’est pas bouleversé. Mais deux éléments viennent alimenter la polémique: le liseré doré sur le pourtour du blason, ainsi que la transformation de la lettre «o» de Sport, qui rappellent très directement la société Ineos, géant de la pétrochimie désormais propriétaire du LS. «On n’impose pas le logo et les codes couleur d’une société commerciale sur l’emblème d’un club historique», dit cet autre intervenant. Alors quoi?

Un débat qui sera vite oublié

«J’ai vu l’œuvre», indique Marc Vuilleumier en souriant. Ancien municipal de Lausanne, actuel membre du Grand Conseil vaudois mais aussi supporter de longue date du LS, il ajoute: «Je déplore l’implication de plus en plus forte de l’argent dans le sport. Pour ce qui est du logo proprement dit, je n’applaudis pas, mais je comprends. Le club a la chance de pouvoir s’appuyer sur une société comme celle-ci, implantée ici. Il faut donc savoir si on souhaite que le LS devienne vraiment compétitif. Une fois que le championnat aura repris, ce débat autour du logo sera vite oublié.»

Gabet Chapuisat, lui, avoue d’abord son embarras. Avant de rebondir. «Il s’agit d’une marque de fabrique et, en principe, on n’y touche pas, estime l’ancien joueur du LS. C’est un symbole, c’est donc sensible. Après, il y a d’autres intérêts. Et je peux comprendre que les nouveaux propriétaires souhaitent marquer leur territoire.» Journaliste à la RTS, lui aussi fidèle suiveur, Michel Zendali explique: «La couleur ne me gêne pas. Mais je trouve le «o» un peu déplacé. En même temps, quand on vend un club, c’est en totalité. On avait déjà pris des libertés avec le maillot. Mais je serais curieux de voir ce qui arriverait dans un très grand club, comme le PSG par exemple. En venant à Paris, les dirigeants du Qatar n’ont pas remplacé la tour Eiffel par un puits de pétrole.»

Une pétition circule

«Ce logo ne me plaît pas, même si je comprends la démarche», indique Guillaume Katz. L’ancien capitaine du LS complète sa pensée: «Le nouveau président va apporter beaucoup d’argent et a besoin de visibilité. Le problème, c’est cette couleur jaune/orange. J’aurais préféré voir du rouge, comme la ville de Lausanne, ou du vert, comme le canton de Vaud. Mais si le LS joue la Ligue des champions dans quelques années, on aura vite oublié.»

Président de l’ACVF, Gérard Vontobel n’y voit pas une «révolution». «Je peux comprendre que ceux qui mettent de l’argent souhaitent s’afficher. Les gens qui râlent sont les nostalgiques ou ceux qui ne sont pas venus au stade depuis longtemps.» Dans le langage très direct qui peut être le sien, Donato Mottini (entrepreneur et membre de la Confrérie) est clair: «Foutons-leur la paix et laissons-les travailler!» Il ajoute: «Ce genre de clin d’œil ne devrait pas provoquer pareille levée de boucliers.» Une pétition a pourtant été lancée, intitulée «Non au nouveau logo du LS». Quant au BWFK, club de supporters, il s’est fendu d’un long communiqué pour fustiger ce «logo hérétique». «Nous ne pouvons légitimer qu’on tue l’identité de notre club pour des raisons de marketing», indique-t-il. Vraiment?

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