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Ça sent le sapin de Noël pour les fans de Johnny et le gel pour l’héritage

Avant le 5 décembre, date fatale, l’idole provoque un raz-de-marée éditorial.

Dans la déferlante éditoriale qui honore Johnny Hallyday un an après sa mort, le Polonais Andrzej Zaniewski touche au sommet du blues. Avec un opportunisme décomplexé, «Mémoires d’un rat» est réédité chez Belfond sous un bandeau éloquent: «Le livre que Johnny Hallyday offrait à ses amis». L’auteur rescapé de l’Holocauste complète même ses souvenirs tragiques d’une postface impérieuse, «Tu ne pars pas, Johnny». Ah que non, l’idole des jeunes ne part pas.

Le rocker a déjà écoulé un million de «Mon pays c’est l’amour», avec le record des 2 millions de «Racine carrée» de Stromae et de son propre «Sang pour sang» en ligne de mire, et des héritiers en plein tirage. Ses enfants David Hallyday et Laura Smet ont demandé au Tribunal de Paris de geler 75% des revenus des ventes de disques, pactole désormais versé à sa veuve, Laeticia. Requête examinée le 27 novembre. L’omniprésence posthume se confirme dans les gondoles des libraires qui s’enguirlandent pour la première commémoration de la disparition, pile avant Noël.

Parmi de plus banals albums de photos, «Inside», 3,5 kg, cale sans conteste le pied du sapin. Du lourd et tactile que cette somme majestueuse de Renaud Corlouër, complice de tournée depuis 2007. L’acteur Mickey Rourke boxe en préface de ce collector tout désigné pour le fan de base. Du côté pur texte, les parutions très profilées prouvent l’ampleur du stock de légendes et anecdotes, sinon affabulations, générées par le rocker. À chaque groupie son Hallyday.

Ainsi, le fan teigneux foncera sur «Main basse sur Johnny», où croustillent les affaires en chiffres et dates précises, telle la pauvre petite pension de 1524 euros sucrée à la cousine Desta après fâcherie. Le fan bon pote peut siffler «Quelque part un aigle» de Pierre Billon, prenant de la hauteur sur les ailes d’une amitié pourtant déjà souvent dépiautée. Mais, persiflent les chicaneurs, ce bouquin fera au moins plaisir à Sylvie et Laeticia. Le fan des «pipoleries» juridiques en cours matera l’opus vengeur de Benjamin Locoge, envoyé de «Paris Match», «La ballade de Johnny et Laeticia». Cette dernière qualifiée ici de «Margaret Thatcher, pas Boucle d’Or», appréciera. C’est du Shakespeare joué en alcôves avec coups de canif dans le contrat, libido en berne, crise de jalousie, etc.

Le 7 décembre, deux jours après la première commémoration de la disparition, sort encore l’album de David Hallyday. Le fiston le proclame, «J’ai quelque chose à vous dire», avec un post-scriptum au paternel, le single «Ma dernière lettre». En attendant, d’autres morts passent à la trappe, comme les hommages livresques qu’ils suscitent. Ainsi de Michael Jackson, dix ans déjà, ou Jacques Brel, quarante ans.

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