Le sulfureux Steve Bannon fait salle comble à Zurich

SuisseL’ancien conseiller de Donald Trump a évoqué la «révolte populiste» et loué Christoph Blocher

Sous le regard de son hôte Roger Köppel, Steve Bannon s’est adressé à un public conquis d’avance.

Sous le regard de son hôte Roger Köppel, Steve Bannon s’est adressé à un public conquis d’avance. Image: Keystone

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La Weltwoche déroulait le tapis rouge mardi soir à Steve Bannon. L’idéologue répudié du président des États-Unis, Donald Trump, a attiré les foules – 1500 personnes selon les organisateurs – dans une halle d’événement d’Oerlikon, en ville de Zurich. Camionnettes de police et agents de sécurité surveillaient les alentours tandis que, dès 18 h, les spectateurs faisaient la file avant de se plier au rigoureux contrôle de sécurité.

Pour pouvoir écouter Bannon, sulfureuse figure de la droite nationaliste et populiste américaine, il fallait avoir laissé chez soi une longue liste d’objets, sacs à dos ou liquides, entre autres. Les spectateurs ne semblent pas gênés par ces contraintes, impatients d’entendre Steve Bannon. Banquiers en costume, adolescents ou sympathisants UDC, le public est hétéroclite. «On a tellement entendu parler de ce personnage controversé, j’ai envie de me faire ma propre idée», dit un étudiant. «Je suis vraiment intéressée à voir cet homme très intelligent, qui a été instrumental dans la victoire de Donald Trump», enchaîne une abonnée de la Weltwoche.

À 20h, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire et conseiller national UDC Roger Köppel prend le micro, ravi de pouvoir introduire celui que les médias ont, selon lui, décrit comme le «diable» en personne. Steve Bannon fait son entrée sous un tonnerre d’applaudissements. Très à l’aise sur scène, l’Américain se lance dans un long discours, en anglais, sans feuilles, n’hésitant pas à apostropher un public largement conquis. «La révolte populiste», celle-là même qui a permis à Donald Trump de devenir président, n’en est qu’à ses débuts, prédit-il, galvanisé par les récentes élections italiennes. Il fustige au passage les élites et les médias, rappelle les bases de la victoire «surprise» de Trump: mettre un frein à l’immigration et permettre aux États-Unis de retrouver leur souveraineté.

S’il a choisi la Suisse pour son premier discours public depuis qu’il a été remercié de la Maison-Blanche, ce n’est pas un hasard, dit-il. Il attribue à Christoph Blocher, le stratège UDC, d’avoir lancé le mouvement populiste en s’opposant à l’adhésion helvétique à l’EEE, en 1992. «Il était Trump avant Trump. Il s’est dressé contre l’establishment. Il a été vilipendé, mais il s’est défendu pour une cause: la souveraineté de son pays.»

Répondant aux «questions qui fâchent» de Roger Köppel, Steve Bannon réfute, avec le sourire, être raciste, xénophobe ou antisémite. À une centaine de mètres de là, une action de protestation contre la venue de Steve Bannon scandait exactement cela. Le Mouvement pour le socialisme organisait une manif contre le racisme, le sexisme et l’exploitation.

(24 heures)

Créé: 06.03.2018, 21h58

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