Susanne Hochuli, future représentante des patients, veut moins d’hôpitaux

SantéL’Argovienne se demande si cette concentration est financièrement viable et si elle sert la qualité.

Susanne Hochuli note qu’en comparaison internationale, la Suisse connaît une grande densité d’hôpitaux. (Archives)

Susanne Hochuli note qu’en comparaison internationale, la Suisse connaît une grande densité d’hôpitaux. (Archives) Image: Keystone

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«Il y a trop d’hôpitaux, c’est clair.» En soi, le propos et le débat qu’il suscite ne sont pas nouveaux. Ce qui l’est davantage, c’est qu’il a été prononcé par la Verte Susanne Hochuli, qui sera présidente de l’Organisation suisse des patients (OSP) dès janvier 2018. Elle s’est exprimée en ces termes dans le SonntagsBlick.

Susanne Hochuli note qu’en comparaison internationale, la Suisse connaît une grande densité d’hôpitaux. Par habitant, il y en a quatre fois plus qu’aux Pays-Bas. Or, chaque établissement doit se tenir prêt 365 jours par année et 24 heures par jour. L’Argovienne, qui a aussi été conseillère d’Etat responsable de la santé et des affaires sociales dans son canton, ne s’interroge pas uniquement sur les coûts. «Nous manquons aussi de personnel et au final, cela pose une question de qualité.»

Sa prise de position satisfait-elle les assureurs? «La question n’est pas de savoir s’il y a trop d’hôpitaux, répond Sandra Kobelt, responsable de la communication chez SantéSuisse. Le principal problème est le manque de planification suprarégionale. Aujourd’hui, chaque établissement veut avoir des appareils de pointe, ce qui engendre des coûts supplémentaires. Et les Cantons défendent leurs hôpitaux indépendamment de la facture qu’ils génèrent.»

L'exemple argovien

Le cas argovien est mentionné. On y trouve deux hôpitaux cantonaux, l’un à Baden, l’autre à Aarau. Peut-on généraliser la remarque de Susanne Hochuli à tout le pays? La conseillère nationale Rebecca Ruiz (PS/VD) ne le pense pas: «Je ne sais pas dans quelles conditions elle a énoncé ces propos, mais ce sont un peu des déclarations à l’emporte-pièce.» La Vaudoise, qui préside le Service aux patients de Suisse romande, n’exclut pas qu’il y ait trop d’hôpitaux dans certaines zones ni que des rationalisations s’imposent. Mais elle appelle à «plus de nuance et davantage de pédagogie»: «La question ne se pose pas partout de la même façon. Il faudrait aussi faire la différence entre établissements publics et privés ou en fonction de leurs équipements.»

Susanne Hochuli admet que le problème est différent dans certaines régions, comme aux Grisons. «Mais sur le Plateau, les gens peuvent parcourir des distances plus importantes en peu de temps.» Et en Suisse romande? Elle ne se prononce pas sur cette région qu’elle connaît moins. Mais Margrit Kessler, présidente jusqu’à la fin de l’année de l’OSP et ancienne conseillère nationale (Verte libérale), le pense: «Il faudrait une plus grande centralisation dans tout le pays, y compris en Suisse romande où les coûts de la santé sont élevés. Nous avons vingt-six systèmes de santé et chaque canton propose de nombreux services. Je suis certaine qu’il y en a trop.»

Reste à savoir si les Suisses seraient prêts à de telles fermetures. «Les assurés sont attachés au système de santé, souligne Rebecca Ruiz. Ils paient des primes élevées et attendent en contrepartie un service, avec notamment un hôpital à proximité.» Et la socialiste de rappeler qu’en février, les Neuchâtelois ont décidé de conserver deux centres de soins aigus dans leur canton. «Il est souvent argumenté, et à raison, qu’un hôpital apporte une valeur ajoutée à une région», répond Susanne Hochuli. Selon elle, il faudrait toutefois communiquer qu’on veut maintenir des établissements pour cette raison et détailler les coûts.

En février 2016, le nom de Susanne Hochuli est déjà apparu en Suisse romande après qu’elle a participé à un voyage controversé de politiciens suisses en Erythrée. A son retour, la délégation a demandé une mission d’enquête et une représentation permanente en Erythrée. (24 heures)

Créé: 28.05.2017, 18h17

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