Trump a limogé le patron du FBI James Comey

Etats-UnisJames Comey dirigeait une enquête sur les liens éventuels entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie.

James Comey dirigeait le FBI depuis 2013. (Photo d'archives)
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Le président des Etats-Unis Donald Trump a limogé mardi le patron du FBI James Comey. L'homme dirigeait l'enquête sur les liens éventuels entre son équipe de campagne et la Russie. Sous le choc, des élus évoquent le spectre du Watergate.

«Aujourd'hui marquera un nouveau départ pour l'agence-phare de notre appareil judiciaire», a indiqué le président des Etats-Unis dans un communiqué. Dans un courrier à James Comey publié par l'exécutif, Donald Trump lui signifie qu'il met fin à ses fonctions «avec effet immédiat».

«Si j'ai apprécié que vous m'ayez informé, en trois occasions distinctes, du fait que je ne faisais pas l'objet d'une enquête, je suis cependant d'accord avec l'analyse du ministère de la Justice selon laquelle vous n'êtes pas capable de diriger de manière efficace le Bureau», ajoute-t-il.

Ironie de l'histoire

Pour expliquer sa décision, l'administration Trump invoque officiellement la manière dont le patron du FBI a géré le dossier des emails de la candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton.

Donald Trump accuse en substance James Comey, 56 ans, d'avoir mal traité cette dernière en dévoilant à la presse de nombreux détails de l'enquête... Détails que le candidat républicain avait pourtant utilisés quotidiennement pour pilonner la démocrate pendant la campagne.

Le 28 octobre, James Comey provoquait une déflagration dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle: il annonçait au Congrès la découverte de nouveaux messages justifiant une relance des investigations, closes au mois de juillet précédent, sur les emails de Mme Clinton.

Ce n'est que deux jours avant le scrutin du 8 novembre que M. Comey annoncera n'avoir finalement rien trouvé de pénalement répréhensible - comme déjà auparavant. L'ex-candidate démocrate a estimé il y a quelques jours que sans l'initiative de ce dernier - et la diffusion par Wikileaks d'emails de sa campagne -, elle aurait emporté l'élection présidentielle.

«Grave erreur»

C'est par un écran de télévision que James Comey a appris mardi qu'il était limogé, a rapporté le New York Times. Au moment de l'annonce, le patron du FBI rencontrait des agents fédéraux à Los Angeles.

«Alors que M. Comey parlait, la nouvelle a commencé à flasher sur des écrans de télévision à l'arrière-plan. En réaction à ces informations, M. Comey a ri, disant qu'il trouvait que c'était un bon canular», écrit le New York Times. «Peu après, la lettre de M. Trump a été remise au siège du FBI à Washington.»

Ce limogeage surprise, et avec un seul précédent dans la longue histoire du FBI, a fait l'effet d'une bombe au Congrès. Une réaction, semble-t-il, sous-estimée par la Maison Blanche. «Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, vous faites une grave erreur», a déclaré le chef de file de l'opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer.

Lors d'une conférence de presse au Capitole, il a appelé à la nomination d'un magistrat indépendant pour prendre en main l'enquête russe, actuellement menée par le FBI. Il juge que les Américains sont en droit de soupçonner que ce limogeage était une tentative d'«étouffer» l'affaire.

La Maison Blanche a toutefois rejeté mercredi les appels à la nomination d'un procureur spécial pour superviser l'enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine. «Nous ne pensons pas que cela soit nécessaire», a déclaré Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de M. Trump.

«Nixonien»

Le limogeage «montre à quel point l'administration craint l'enquête sur la Russie», a jugé Tim Kaine, ex-colistier d'Hillary Clinton. Il y voit la tendance croissante de l'administration à «cacher la vérité».

Le sénateur démocrate Patrick Leahy a trouvé «absurde» la justification selon laquelle Hillary Clinton aurait été traitée avec partialité. «Ce n'est rien de moins que nixonien», a-t-il tonné, dans une allusion à la décision de Richard Nixon de remercier en 1973 le magistrat indépendant Archibald Cox qui enquêtait sur le scandale du Watergate qui allait entraîner sa chute.

«Le président a révoqué le patron du FBI au milieu d'une des enquêtes de sécurité nationale les plus critiques dans l'histoire de notre pays, celle qui implique des hauts fonctionnaires dans la campagne et l'administration Trump».

Collusion avec Moscou?

Plus inquiétant pour le locataire de la Maison Blanche, le malaise se répand également chez les républicains.

Le chef de la puissante commission du Renseignement du Sénat américain, Richard Burr, s'est déclaré «troublé» par le timing et les raisons avancées pour ce spectaculaire limogeage. Elu du Congrès et fidèle républicain, Justin Amash a qualifié la lettre présidentielle de «bizarre» et annoncé vouloir «créer une commission indépendante sur la Russie».

La recherche d'un nouveau directeur du FBI débute «immédiatement», a précisé la Maison Blanche. (afp/nxp)

Créé: 10.05.2017, 02h56

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