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Van Niekerk réussit un tour de magie

Athletissima a tenu toutes ses promesses. Le Sud-Africain a fait son show et les Suisses ont épaté la galerie à la Pontaise.

Lancer du javelot, Sunette Viljoen d'Amérique du Sud
Lancer du javelot, Sunette Viljoen d'Amérique du Sud
KEYSTONE/Jean-Christophe Bott
Lancer du poids, Ryan Crouser des USA.
Lancer du poids, Ryan Crouser des USA.
KEYSTONE/Valentin Flauraud
Kariem Hussein de Suisse.
Kariem Hussein de Suisse.
KEYSTONE/Jean-Christophe Bott
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Comme souvent, Athletissima avait gardé le meilleur pour la fin. Le feu d’artifice avant le spectacle pyrotechnique. Une gerbe de sueur avant la brassée de confetti. Promis, le ciel, parfois furieux ici, allait se tenir à carreau. Et c’est vrai qu’il n’a pas fait d’esclandre. Au contraire, alors que Wayde Van Niekerk entrait en piste comme une promesse, il a fait du crépuscule lausannois le plus beau des décors. Ne restait plus alors au jeune premier sud-africain, révélation des Jeux de Rio, qu’à exécuter son tour de magie, à ensorceler le chrono et à emballer le public.

Pendant 43 secondes et des 63 poussières, la Pontaise a retenu son souffle. Bouche bée et regard béat. Difficile de rester sur sa faim! Surtout pas avant le record de Suisse féminin du 100 m, paraphé en 42’’53 par Salomé Kora, le véritable bouquet final de cette soirée excitante et mémorable. Surtout pas avant la dernière tentative de Maria Lasitskene à 2,10 m en hauteur, record du monde effleuré d’un mollet… Non, avec les perchistes qui tutoyaient encore les étoiles, Sam Kendrik en tête d’escadrille (5,93 m), le meeting a failli ne jamais tirer la prise…

Il y a une vie après Bolt

Oui, il y a bien une vie après Bolt, cet irrésistible saltimbanque du sprint, accapareur du génie athlétique, dont la retraite imminente préfigure pour beaucoup une forme de désert passionnel. Jeudi soir, en l’absence de l’as des as, le recordman du monde du 400 m (43’’03) a sorti le grand jeu et prouvé qu’un vide, aussi grand soit-il, se comble quand le talent tient le manche. La cognée, il l’a brandie pour tailler en pièce ses adversaires et fendre la piste. Partir vite, pied au plancher, et tenir jusqu’au bout, quitte à asphyxier ses muscles, tel est son credo. Pour lui, le tour de piste est une torture… jouissive.

Mais hier soir, le protégé de Mamie Botha, une coach de 75 ans qui a aidé le jeune introverti à sortir de sa chrysalide, n’a même pas été en souffrance. Pour son premier 400 m de la saison, il a promené sa décontraction avec une grâce stupéfiante, coupant son effort avant la ligne, à la manière de… Bolt, ce champion dont il répète à plaisir qu’il est sa source d’inspiration. Comme il le répète aussi fréquemment, histoire de rappeler qu’il n’est encore qu’au début de sa carrière, il n’a pas manqué de dire qu’il a «encore beaucoup de boulot devant lui. Et des flopées de records à piétiner, lui qui a déjà battu cette saison ses marques personnelles sur 100 m (9’94), 200 m (19’’84) et 300 m (30’’81)!

Avec Wayde Van Niekerk, l’athlétisme a déjà basculé dans le futur, lui qui se plaît encore à visiter ses catacombes et à embaumer ses vieilles gloires! Prenez Genzebe Dibaba, la gracieuse gazelle éthiopienne, titrée à Rio sur 1500 m, dont elle détient le record du monde. A Lausanne, elle s’attaquait à une marque antédiluvienne, les 4’12’’56 de Svetlana Masterkova sur le mile (1609 m). Ni l’aspiration de deux lièvres, ni son culot n’ont eu raison de ce vestige de 21 ans d’âge! «Mes jambes m’ont portée jusqu’aux 1200 m, puis elles se sont bloquées. C’est dommage, les conditions de course étaient idéales», regrettait Dibaba, créditée de 4’16’’05.

Gatlin toujours vert

La preuve est faite: le passé ne se rattrape pas d’un claquement de jarret et avec Justin Gatlin (35 ans), il ne se rend pas! Le papy du sprint, flingué deux fois par la patrouille, est toujours vivant! Comme aux sélections US, où il avait cloué le bec aux jeunes molosses qui lui mordillaient les fesses, le champion olympique 2004 a réglé le compte de tous ses rivaux sur 100 m. Sans affoler les chronos (9’’96 contre 9’’98 à l’Ivoirien Meite) mais en démontrant qu’il a «toujours faim». «Le temps n’est pas canon, mais c’est la preuve que je suis humain! J’ai mon âge, je m’accroche. Comme aujourd’hui, je veux me battre jusqu’au bout», disait-il. Lors des prochains Mondiaux, Bolt devra encore se coltiner cet indécrottable et insubmersible rival. «Ce sera un honneur de défier une ultime fois Usain à Londres.» Le message est lancé.

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