De Quattro prête à s’effacer?

Succession au Conseil fédéralLa conseillère d’Etat vaudoise Jacqueline de Quattro va vraisemblablement renoncer à se porter candidate.

Jacqueline de Quattro réserve sa décision à son parti.

Jacqueline de Quattro réserve sa décision à son parti. Image: KEYSTONE

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«Je réserve ma décision aux instances dirigeantes de mon parti», nous fait-elle savoir par SMS, tout en précisant: «Mon objectif est et a toujours été de suivre la stratégie la plus favorable au succès d’une femme le 20 septembre.»

«Mon objectif est et a toujours été de suivre la stratégie la plus favorable au succès d’une femme le 20 septembre»

Et on voit mal comment rester dans la course pourrait servir ce dessein, dès lors que la conseillère nationale Isabelle Moret est en lice. Si le nom de Jacqueline de Quattro a très vite circulé à Berne parmi les papables à la succession de Didier Burkhalter, la ministre, ex-présidente des Femmes PLR, n’a jamais fait acte d’une candidature au travers d’une grande interview présentant son projet pour le pays, comme l’ont fait plus tard Pierre Maudet et Isabelle Moret. Elle est en revanche la première à s’être déclarée «intéressée» par le Conseil fédéral, tout en plaçant l’élection d’une femme comme prioritaire à ses yeux. Laissant supposer qu’elle pourrait choisir de s’effacer au profit d’Isabelle Moret ou de la Tessinoise Laura Sadis, par exemple.


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C’est ce jeudi que le comité directeur du PLR Vaud – fort de 20 membres – décidera du ticket qu’il présentera au groupe parlementaire libéral-radical. Jusqu’à présent, le président de la section vaudoise, Frédéric Borloz, a toujours indiqué que le choix était ouvert de proposer un ou plusieurs noms, voire zéro, en théorie. Il semble toutefois que le scénario de la candidature unique tient la corde auprès de plusieurs pontes du parti. «Idéalement, le PLR Vaud doit se regrouper autour d’une personne», estime le député Marc-Olivier Buffat, membre du comité directeur. «C’est d’ailleurs ce qu’a fait la section tessinoise, et ça paraît dans l’ordre des choses. Multiplier les candidatures vaudoises reviendrait à les affaiblir. A partir de là, nous préférerions n’avoir qu’à ratifier une candidature plutôt que de devoir trancher entre plusieurs, ce qui est toujours quelque chose de délicat et peut occasionner des dégâts d’image importants. Mais, s’il faut le faire, alors nous le ferons.» «J’espère ne pas avoir de choix à faire», glisse aussi un autre membre du comité directeur, qui juge Isabelle Moret mieux placée pour obtenir la confiance de ses pairs, de par son mandat de conseillère nationale. Dans les instances dirigeantes du parti, on espère donc une entente entre les deux femmes.

Le PLR Vaud a officiellement trois «candidats à la candidature» puisque le sénateur Olivier Français a aussi fait part de son intérêt pour le Conseil fédéral il y a trois semaines. C’est avec cette qualité qu’il sera donc reçu jeudi par le comité directeur, dont il est membre, indique la secrétaire générale Laurine Jobin. Cela dit, ses chances d’être retenu sont si faibles qu’il pourrait bien renoncer à sa postulation. Laquelle a été largement perçue comme un croche-pied impulsif à Jacqueline de Quattro, contre qui il a une inimitié certaine.


L'édito: Faites-vous un nom en visant le Conseil fédéral


Dans tous les cas, la ou les candidats qui sortiront du chapeau jeudi devront composer avec un sérieux handicap: le Vaudois Guy Parmelin. En effet, cela fait moins de deux ans que l’Assemblée fédérale a porté le résident de Bursins au Conseil fédéral. Sous la Coupole, certains risquent de juger qu’un Vaudois, c’est suffisant. Surtout dans un contexte où le facteur régional sera au centre des débats, qu’on le veuille ou non, avec la question de la représentation du Tessin.

Si les élus d’outre-Sarine connaissent un tant soit peu la géographie romande, ils s’apercevront que le PLR vaudois n’a que des Lémaniques dans son éventail de papables. Comme Guy Parmelin. La favorite des courses, Isabelle Moret, habite à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau de la ferme du ministre de la Défense. Une proximité qui cadre mal avec une représentation équitable des régions, chère à la Constitution.

Créé: 08.08.2017, 07h19

Les roses vaudois ont-ils des arrière-pensées?

Çà et là, de petits commentaires socialistes sont publiés depuis quelques jours sur la succession de Burkhalter. Parmi les derniers en date, celui du chef de groupe Roger Nordmann. Le conseiller national vaudois privilégie une candidature genevoise à une candidature féminine. Faut-il y voir, comme nous le suggérions, une intention de se ménager une ouverture pour une candidate vaudoise au moment où Alain Berset se retirera?

Contacté lundi, Roger Nordmann s’en défend sans se démonter. A ce stade, il veut rester «en retrait», tant que le ticket PLR n’est pas connu. A ce moment-là se posera «la vraie question». Mais, quoi qu’en dise cet élu, les calculs temporels pour une telle échéance animent les réflexions des partis.

Aujourd’hui, les socialistes vaudois ont d’ailleurs de quoi phosphorer. Dans leurs rangs figure une belle palette de politiciennes en exercice, dont aucune ne s’est jamais signalée par son manque d’ambition. Deux conseillères d’Etat, une conseillère aux Etats et deux conseillères nationales, pour ne citer qu’elles, composent un pool substantiel en vue du Conseil fédéral.

Les Vaudois ont aussi une revanche à prendre après l’échec de Pierre-Yves Maillard en 2011. Cette année-là, les Fribourgeois avaient été accusés d’avoir trusté une élection finalement favorable à Alain Berset, tandis que Pierre-Yves Maillard récoltait le score humiliant de 63 voix. Hormis l’élection surprise de Guy Parmelin en 2015, les Vaudois ont en outre longtemps été absents après le départ de Jean-Pascal Delamuraz. Les appétits sont donc aiguisés de longue date et pas seulement chez les roses.

Reste que, comme l’énonce un observateur socialiste, la succession de Berset est encore loin. Le conseiller fédéral avait évoqué trois législatures, ce qui mettrait le moment de sa sortie à 2023: «Il n’y a pas, aujourd’hui, d’«écurie» pour la succession de Berset au Parti socialiste vaudois.»

Connaisseur, le Vert Daniel Brélaz renchérit: «Six ans, c’est loin.» Mais il livre un élément de réflexion intéressant au sujet des événements immédiats. Selon lui, la personne qui figurera aux côtés d’Ignazio Cassis pourrait avoir ses chances si le groupe PDC entend la favoriser au détriment de Cassis pour préserver une place à Filippo Lombardi lors de la succession de Leuthard. Vous suivez? Là, on ne parle plus des socialistes, mais c’est le même raisonnement. Or, poursuit Daniel Brélaz, ce type de réflexion a toujours lieu à Berne, «quelle que soit l’élection».
Lise Bouregois

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