L'agression gratuite sur trois jeunes dans le M1 inquiète

CorrectionnelleLe Tribunal de Lausanne juge depuis lundi quatre jeunes face à leurs victimes qui ne sont pas près d’oublier un petit matin de septembre 2016.

Le Tribunal correctionnel de Lausnane juge quatre jeunes accusé d'une sauvage agression dans le métro M1 en septembre 2016. Trois ont avoué, le quatrième plaide innocent.

Le Tribunal correctionnel de Lausnane juge quatre jeunes accusé d'une sauvage agression dans le métro M1 en septembre 2016. Trois ont avoué, le quatrième plaide innocent. Image: Philippe Maeder

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ils ne sauront jamais pourquoi ils ont été bastonnés par un groupe de jeunes un petit matin de septembre 2016 dans le M1 qui les ramenait dans l’Ouest lausannois après une soirée en ville.

Leurs agresseurs, âgés d’une vingtaine d’années, sans doute aussi ne pourront jamais expliquer pour quelle raison, sinon par jeu, ils s’en sont pris à ce jeune homme, sa sœur et un copain. Un des policiers qui s’est occupé de l’affaire a assuré n’avoir pas vu, depuis plusieurs années, un tel déchaînement de violence gratuite.

Trois des assaillants jugés depuis lundi en correctionnelle admettent les faits. Un quatrième accusé nie toute participation. Présent dans le métro, il admet avoir assisté à la scène de loin, mais affirme s’en vouloir de ne pas avoir eu le courage d’intervenir pour calmer ce qui à ses yeux ressemblait plutôt à une bagarre.

Plaidant l’alcoolisation, les agresseurs soutiennent ne conserver qu’un souvenir flou de cette fin de nuit. Les victimes non. Elles se rappellent notamment avoir entendu: «Venez, on va les taper, il y a deux pélots et une pute.»

La jeune femme raconte: «Ils riaient de nous. Nous ne réagissions pas. Il y en a un qui s’est approché et qui a brusquement donné un coup de poing à mon frère sur la joue. Je me suis levée. J’ai dû lui dire «arrête connard». Il m’a frappée à mon tour.»

Cela a démarré alors que le M1 approchait de la halte de la Bourdonnette. Les trois jeunes agressés en ont profité pour quitter la rame, quand bien même ce n’était pas leur destination. Les attaquants, qui eux habitent le quartier, aussi.

Sur le quai du métro, les coups ont commencé à pleuvoir. «Nous étions trois, ils étaient quatre, il était normal que nous nous défendions», poursuit cette frêle étudiante. Elle explique avoir reçu des coups de poing et de pied lorsqu’elle était à terre. «J’ai été poussé sur les rails», souligne son copain. Les victimes ont finalement quitté les lieux en fuyant à travers les voies, sous des jets de pierre qui ne les ont heureusement pas atteintes.

«Je ne peux pas vous dire comment ça a commencé, répond au juge un des accusés qui avoue sa participation. C’est parti comme c’est parti, et ça s’est arrêté quand on a entendu la sirène de la police, ce qui m’a dessaoulé d’un coup.»

Vidéos inquiétantes

Les vidéos de bagarres trouvées dans le groupe WhatsApp d’un de ses copains inquiètent le tribunal. «Je ne les ai pas regardées, veut rassurer l’intéressé. Ce n’est pas parce qu’on est dans un groupe qu’on regarde tout ce qui arrive.»

Arrêtés quatre jours plus tard, les quatre ont été libérés après trois semaines en préventive. «Mon client a été embarqué avec les autres parce qu’on le croyait mêlé à une autre agression qui avait eu lieu quelques jours plus tôt», proteste le défenseur du jeune qui plaide innocent.

Face à leurs victimes, les trois qui ne contestent pas les faits ont présenté leurs excuses aux plaignants et ont accepté de les indemniser. La jeune fille est celle qui a le plus souffert, physiquement, avec notamment une mâchoire cassée, et psychologiquement avec un souvenir persistant qui l’a empêchée de retenir ses larmes au tribunal.

«On a la désagréable impression qu’ils vivent comme dans un jeu vidéo dans lequel tout est permis», a déploré le procureur. Il a toutefois requis des peines de prison relativement légères avec un plein sursis contre trois des quatre prévenus dont deux sont en formation. Mais de la détention ferme pour l’un d’eux en raison d’une précédente condamnation. Verdict ce mercredi. (24 heures)

Créé: 09.10.2018, 21h04

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 13 décembre.
(Image: Bénédicte) Plus...