Martha Argerich ouvre en majesté les Sommets Musicaux

ClassiqueA Saanen vendredi, la pianiste jouait Beethoven avec la Kremerata Baltica.

Martha Arguerich a lancé vendredi l'édition 2016 des Sommets musicaux de Gstaad.

Martha Arguerich a lancé vendredi l'édition 2016 des Sommets musicaux de Gstaad. Image: MIGUEL BUENO

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Un orchestre sans chef, fondé par l’un des plus grands violonistes, qui accompagne la plus légendaire des pianistes en activité: avec Martha Argerich en vedette et même sans Gidon Kremer au premier pupitre de la Kremerata Baltica, l’affiche était suffisamment prestigieuse pour attirer la foule à l’ouverture des Sommets Musicaux de Gstaad. Malgré un programme sans concession. Profitant de la tournée de la formation balte, le festival a ainsi pu ouvrir l’édition 2016 vendredi dans l’église de Saanen avec la pianiste argentine dans le 2e Concerto pour piano de Beethoven.

Mais avant ce plat de résistance, les cordes seules de la Kremerata Baltica ont démontré leur malléabilité, leur précision d’attaque et leur robuste homogénéité. La 7e Symphonie de Mendelssohn fait partie de ce corpus de jeunesse où le compositeur fait ses gammes sur des formes classiques. Les Baltes ont transcendé son côté parfois impersonnel en en faisant un condensé vitaminé. Plus poignante, la 2e Symphonie de Mieczys?aw Weinberg assume pleinement l’influence de Chostakovitch mais prouve par sa sincérité la prégnance de ce langage, qui sécrète les cicatrices de l’Holocauste et le froid du Goulag sibérien.

Fidèle à elle-même, Martha Argerich semble toujours aussi empruntée quand elle est sur scène sans jouer, papotant avec le premier violon et jetant à peine un coup d’œil au public. Elle est même arrivée avant les souffleurs, surprise de s’asseoir devant un orchestre incomplet. Ce flottement s’est d’ailleurs répercuté sur le début du concerto, où la cohésion n’était pas franchement au rendez-vous.

Mais très vite, et sans pour autant donner l’impression de diriger, la soliste a mis l’orchestre sous sa coupe, lui insufflant une discipline par la seule évidence de son jeu. Avec elle, les nuances semblent n’avoir plus de limites, dans l’extrême délicatesse comme dans le débordement de puissance, comme si elle branchait un potentiomètre inouï et inconnu des autres pianistes. Mais à l’exacte (dé)mesure de Beethoven. En bis, Scarlatti et Schumann sous ses doigts sont comme deux extraits de son élixir de jouvence.

(24 heures)

Créé: 31.01.2016, 19h55

Infos

Gstaad, divers sites
Tous les jours jusqu’au sa 6 février.
Renseignements: 026 925 11 66 et sur ticketcorner.ch
www.sommets-musicaux.ch

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