Dans l'affaire Litvinenko, la justice britannique privée du témoin No 1

EspionnageLe principal suspect de l’empoisonnement de l’ancien agent russe refuse de témoigner. Sur ordre des enquêteurs de Moscou.

L’ancien agent russe Alexander Litvinenko.

L’ancien agent russe Alexander Litvinenko. Image: Keystone

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Le mystère Litvinenko, empoisonné au polonium 210 dans un hôtel de Londres en 2006, a-t-il la moindre chance d’être un jour élucidé? Lundi, Dmitry Kovtun, présenté par les enquêteurs britanniques comme le suspect No 1 du meurtre de l’agent russe, a refusé de leur livrer son témoignage, alors qu’il s’était engagé à le faire en mars dernier. Motif: ce faisant, il violerait son obligation de confidentialité que requiert une autre enquête, celle ouverte par les autorités russes.

Derrière ce formalisme se joue bien évidemment un bras de fer juridico-politique entre Londres et Moscou, les Britanniques ayant accusé dès le début de l’affaire le FSB, les services secrets russes, d’être derrière l’assassinat d’Alexander Litvinenko. Ce dernier, alors qu’il servait dans les services secrets russes, s’était réfugié à Londres en 2000, d’où il s’était mis à accuser son ex-employeur d’avoir fomenté des attentats attribués à la rébellion tchétchène. Le 1er novembre 2006, il était empoisonné au polonium 210, une substance hautement radioactive, et mourait trois semaines plus tard. Pour les enquêteurs britanniques, l’empoisonnement s’est produit lorsque Litvinenko prit le thé dans un hôtel de Londres en compagnie d’un ex-agent du FSB, Andreï Lougovoï, et de Dmitry Kovtun, ex-officier de l’armée russe. A Londres, la conviction que le FSB a voulu se débarrasser du «traître» Litvinenko semble acquise, ce que dément Moscou.

Lundi, la justice britannique a donné au témoin russe un ultime délai, jusqu’à mardi matin, pour s’exécuter. Il est prévu que son témoignage se fasse par vidéoconférence, depuis Moscou. Mais l’avocat qui représente Scotland Yard n’y croit guère. «Il est évident que si Dmitry Kovtun s’est annoncé comme témoin en mars, c’était pour avoir accès aux pièces du dossier britannique», a-t-il dit lundi à la BBC. Un avis partagé par le juge en charge du dossier, Sir Robert Owen, qui parle, lui, de «soupçons de manipulation du dossier». En mars, Dmitry Kovtun, en sa qualité de témoin, avait pu avoir accès aux 15?000 documents de l’enquête, dont certains classés secrets par le gouvernement britannique.

Créé: 27.07.2015, 18h12

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