En un an, le CHUV a remis Cery sur les bons rails

PsychiatrieLe fonctionnement et les pratiques en cours au sein du Service de psychiatrie de l’âge avancé ont été revus de fond en comble.

Au SUPAA, dont les locaux sont vétustes, le CHUV a paré au plus pressé

Au SUPAA, dont les locaux sont vétustes, le CHUV a paré au plus pressé Image: Florian Cella

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En décembre 2013, à la suite du témoignage désespéré de l’épouse d’un octogénaire qui accusait Cery d’avoir maltraité et mal soigné son mari, publié dans nos colonnes, le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard, ministre vaudois de la Santé, ordonnait une inspection surprise, à Cery, du Service universitaire de psychiatrie de l’âge avancé (SUPAA).

Le constat de la Coordination interservices de visites en établissements sanitaires et sociaux (CIVESS) avait été si accablant qu’il avait obligé Pierre-François Leyvraz, directeur général du CHUV – dont dépend Cery –, à intervenir sans attendre la fin des travaux du nouvel hôpital psychiatrique, prévue en 2019 («24 heures» du 22 janvier 2014).

Un an plus tard, le plan d’action en six points est sous toit, et Pierre-François Leyvraz ne cache pas sa satisfaction de voir que ses équipes ont «vraiment très bien travaillé». Voyez plutôt.

Passer de 80 à 69 lits a permis au SUPAA de supprimer toutes les chambres à quatre lits. «Pour arriver à ce résultat, nous avons dû travailler sur les conditions d’admission et le temps d’hospitalisation, précise Pierre-François Leyvraz, et privilégier également les interventions en amont.»

Il n’en reste pas moins que le service incriminé ne dispose plus, désormais, que de chambres à deux lits, voire trois au maximum. Les cabinets de toilette, largement ouverts sur les chambres, ont été munis de cloisons afin de garantir une certaine intimité aux patients qui les utilisent. Un local de douches pour seize personnes, c’est du passé: il y en a désormais deux pour seize patients, et un autre qui compte six douches pour quatorze utilisateurs. La modification a permis de faire en sorte que les patients qui le souhaitent puissent se doucher une fois par jour.

Améliorer la communication

Afin d’améliorer la communication avec les proches des malades, le SUPAA a mis sur pied un «Espace café proches»: il n’a pas recueilli le succès escompté. Du coup, les soignants ont profité, en la matière, des conseils du personnel du CHUV, où les Espaces patients donnent entière satisfaction. «Il fallait aussi harmoniser la transmission des données médicales, le dossier infirmier et le dossier médical étant encore séparés, précise Pierre-François Leyvraz. L’introduction du dossier informatisé du patient, opéré par le logiciel Soarian que le CHUV emploie depuis quelques années, a ainsi permis d’unifier les données.»

L’une des critiques de la CIVESS concernait l’absence de mise en route immédiate d’un projet thérapeutique précis. Dés­ormais, le service dispose d’une procédure incontournable: deux ou trois jours après l’admission et les mesures urgentes qu’elle induit, une séance réunit les soignants, les proches et le patient s’il le souhaite. L’assistante sociale est également consultée. Le plan thérapeutique, détaillé aux proches et au patient, est revu régulièrement en fonction des résultats, et au minimum tous les deux mois.

Réflexion sur la médication

Pierre-François Leyvraz et Pierre-Yves Maillard avaient insisté, il y a un an, sur un point crucial à leurs yeux: la nécessité, pour l’hôpital, de mener une réflexion sur la pertinence des médicaments administrés. Dans ce but, Cery, qui a fait appel à une pharmacienne consultante, organise désormais un colloque pharmacologique hebdomadaire et a engagé un infirmier clinicien chargé du traçage des effets secondaires négatifs qu’endurent parfois les patients.

Enfin, l’étude comparative à large échelle des médicaments utilisés en psychogériatrie a pris du retard du fait du décès du professeur Pierre Bovet, à qui elle avait été confiée. «Ses conclusions seront néanmoins connues l’été prochain, conclut Pierre-François Leyvraz. Mais aujourd’hui, ce que nous attendons tous avec une grande impatience , c’est l’achèvement du nouvel hôpital de Cery.»

Créé: 21.01.2015, 16h34

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«C’est devenu un zombie»

Le témoignage de l’épouse d’un octogénaire lausannois hospitalisé pendant onze semaines au Service universitaire de psychiatrie de l’âge avancé (SUPAA), entre la mi-août et
le début de novembre 2013, faisait froid dans le dos («24 heures» du 30 novembre 2013).

«Les patients, souvent sales, errent seuls dans les couloirs, hagards. Je retrouvais parfois mon mari avec son pantalon à l’envers, plein d’excréments, sans son dentier, comme si personne, le matin, n’avait eu le temps de lui consacrer dix minutes pour l’aider à s’habiller. De plus, on l’a très rapidement bourré de neuroleptiques, qui sont déconseillés dans sa pathologie. (…) Avant son séjour à Cery, il pouvait lire, sortir seul, se promener, prendre le bus. Maintenant, disait-elle, c’est devenu un véritable zombie.»

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