David Bowie: une trajectoire musicale en quelques bornes

PopLe tour d'une carrière par un choix discographique.


Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

David Robert Jones naît à Brixton le 8 janvier 1947. Deux décennies plus tard la scène pop découvrira le personnage David Bowie, par le biais d’un premier album éponyme abouti, mais qui ne rencontrera pas pour autant les faveurs du public.

Deux ans plus tard, en 1969, l’artiste pose un premier jalon significatif en signant un morceau (et un album du même nom dans l’édition américaine) que l’imaginaire collectif associera longtemps à la conquête de l’espace: Space Oddity. On y découvre un artiste mutant, osant le mélange entre folk organique et sonorités venues d’un ailleurs synthétique. Et une voix aussi, souvent haut-perchée, au timbre quelque peu nasillard, qui opérera durant quatre décennies telle une signature immédiatement identifiable.

En 1972, David Bowie se donne un allant théâtral en confrontant son public à celui qu’on pourrait considérer comme le premier avatar de l’histoire de la musique pop : Ziggy Stardust. Et derrière l’androgynie et le port extravagant - dont les prémisses s’affichaient déjà sur la couverture de The Man Who Sold the World (1970) – un message aux allures messianiques. Ziggy est là pour sauver le monde et il n’a que quelques années pour y parvenir, avec des mots d’amour et une intelligence extraterrestre. Dans les faits, l’alter ego finira par disparaître une année plus tard, en juillet 1973, lors d’un concert londonien. Avec la chanson «Rock’n’Roll Suicide», Bowie fossoie définitivement Ziggy. Ce qui demeure? The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, ses volutes de rock glam et ses constructions mélodiques saisissantes.

Le chemin du Britannique se prolonge avec des albums à l’intérêt inégal: à l’étonnant et culotté Diamond Dogs, par exemple, fait suite un Young Americans somme toute dispensable. Pour retrouver du très grand art, il faut attendre la parution de Station to Station en 1976. Album imparable et d’une cohérence esthétique solide, il met sur le piédestal un nouveau personnage, The Thin White Duke, homme mutant et plutôt maléfique.

Une année plus tard, Bowie se réfugie à Berlin, où il inaugure ce qui sera très vite désigné comme la trilogie berlinoise. Soit trois albums foisonnants, où le chanteur s’ouvre à de nouvelles sonorités en faisant appel notamment au savoir-faire d’un magicien comme Brian Eno. Des trois opus, Low (1977) est sans aucun doute celui qui incarne le mieux ce renouveau, et qui aujourd’hui encore résiste le mieux aux rides.

Dans les multiples visages de l’artiste, il y a celui que les puristes et les fans inconditionnels ont le plus aimé détester. Ce Bowie qui cristallise et polarise les avis est celui de Let’s Dance, album et single sortis en 1983. Immense carton commercial, l’œuvre amène avec elle une série de ruptures qui laisseront des traces profondes: non, Bowie n’est désormais plus l’éclaireur en quête perpétuelle de nouveaux codes et de nouvelles syntaxes musicales. Et puis non, Tony Visconti (producteur fidèle et iconique) ne voudra plus partager sa destinée artistique. Cette séparation se prolongera d'ailleurs jusqu’en 2002.

Plus d’une décennie s’écoule avant que l’artiste ne retrouve son ambition et son envie d’inventer de nouveaux paysages sonores. Ce sera fait avec Outside (1995), album baroque, où les genres se télescopent et s’enchevêtrent et façonnent des ambiances sombres et parfois apocalyptiques. Bowie retrouve la stature de ceux qui savent se mettre en danger. La critique et les inconditionnels se rangent derrière lui, mais l’œuvre connaît l’échec commercial. Les millions de copies écoulées de Let’s Dance sont un lointain souvenir.

Le jour de son 69e anniversaire, le 8 janvier, soit trois jours avant l’annonce de son décès, paraît Blackstar. Une ultime expédition sonore complexe et intrigante. Bowie s’y affiche pour une dernière fois dans les costumes de l’explorateur délesté du sens de la limite. Et en l’écoutant, on l’a cru une fois encore immortel.

Créé: 11.01.2016, 16h52

Galerie photo

Les hommages à Bowie sur la planète Twitter

Les hommages à Bowie sur la planète Twitter Les stars comme les quidams ont rendu hommage à leur façon sur les réseaux sociaux à David Bowie.

Articles en relation

«J'ai mangé en tête à tête avec David Bowie»

Anecdotes Encore étudiante au gymnase du Bugnon en 1981, Elisabeth Laufer a partagé deux heures de conversations avec le chanteur. A 53 ans, elle n'a rien oublié. Plus...

David Bowie par les sommets en 7 albums

Musique Redécouvrez les disques les plus emblématiques du chanteur britannique, décédé dimanche des suites de son cancer. Plus...

David Bowie, le discret châtelain de Sauvabelin

Histoire Résident des hauts de Lausanne pendant quinze ans, le «Thin White Duke» y cherchait avant tout la tranquillité. Plus...

Galerie photo

David Bowie est décédé, les hommages se poursuivent

David Bowie est décédé, les hommages se poursuivent Le chanteur David Bowie est mort le 11 janvier à l'âge de 69 ans après une bataille de 18 mois contre un cancer.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 18 septembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...