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La défense de Falciani plaide le sursis

Le procès par défaut d'Hervé Falciani s'est terminé vendredi en fin de matinée, peu après la plaidoirie de son défenseur.

«(...) Si Hervé Falciani s'est retrouvé voleur de données, c'est parce qu'il s'est trouvé dans des circonstances favorables», a déclaré l'avocat genevois Marc Henzelin.
«(...) Si Hervé Falciani s'est retrouvé voleur de données, c'est parce qu'il s'est trouvé dans des circonstances favorables», a déclaré l'avocat genevois Marc Henzelin.
Keystone

L'avocat genevois Marc Henzelin a demandé que le Tribunal pénal fédéral prononce contre son client une peine compatible avec le sursis.

«Ex-informaticien de la banque HSBC, Hervé Falciani a eu accès facilement à une énorme quantité de données. Elles tombaient dans son escarcelle,» a relevé Me Henzelin au cours de sa plaidoirie.

Selon lui, l'accusé a été «troublé» par cette grande facilité. Il aurait pu alerter les autorités américaines, comme l'avait fait Monsieur Bradley Birkenfeld et il aurait touché 140 millions de francs, a déclaré l'avocat.

Hervé Falciani ne l'a pas fait, mais s'est rendu à Beyrouth pour un épisode «pas très glorieux». «Tout ça participe d'un scénario de cinéma, mais n'est pas très sérieux», a ajouté Me Henzelin.

«Rien n'indique que les données qu'il voulait vendre à Beyrouth étaient précisément des données d'HSBC Suisse. Qu'est-ce qu'il voulait vendre? Des données collectées sur le web, son savoir-faire? On n'en sait rien.»

«On n'est pas dans une logique d'espion, on n'est pas face à une taupe qui a essayé de casser les codes pour avoir des données. Si Hervé Falciani s'est retrouvé voleur de données, c'est parce qu'il s'est trouvé dans des circonstances favorables», a déclaré l'avocat.

Failles d'HSBC

Dans sa plaidoirie, Me Henzelin n'a pas manqué de pointer du doigt les déficiences de la sécurité informatique de la banque HSBC. «Tout concorde pour dire que de très nombreuses failles existaient», a ajouté le défenseur, qui s'est notamment référé à un rapport sévère de la FINMA à l'égard de la banque genevoise.

«Le service de sécurité d'HSBC, ce sont des guignols», a notamment lancé Me Henzelin, avant de s'étendre sur la nature des données en possession d'Hervé Falciani. Il ressort des listes détenues par l'accusé que les clients d'HSBC avaient dans leur grande majorité des objectifs de fraude fiscale, a souligné l'avocat.

Ainsi, sur une seule liste de 2325 noms, seuls six clients n'avaient pas fraudé le fisc. Autre exemple: l'Inde a accédé à une liste de 628 noms, dont seuls 79 avaient des avoirs déclarés. Pour l'Argentine, les chiffres sont accablants, a-t-il ajouté.

Rejet des conclusions civiles

«Au niveau international, on est en train d'abandonner le secret bancaire. On juge un combat d'arrière-garde», a affirmé Me Henzelin. Ce n'est pas Falciani qui est jugé, c'est le Tribunal, c'est la Suisse», a lancé Me Henzelin.

«Je demande qu'Hervé Falciani soit éventuellement condamné, au cas où il le serait, à une peine compatible avec le sursis», a ensuite conclu l'avocat au terme de sa plaidoirie, avant de rejeter les conclusions des parties civiles.

(ats)

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