Des délégués syndicaux en grève contre… Unia

SyndicatsLe secteur de l’horlogerie d’Unia réclame le retour de son secrétaire syndical.

Genève, le 27 décembre 2015. Le bâtiment du syndicat UNIA, chemin du Surinam.

Genève, le 27 décembre 2015. Le bâtiment du syndicat UNIA, chemin du Surinam. Image: Laurent Guiraud

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«En grève pour nos droits». C’est le titre d’une lettre reçue le 9 décembre par Alessandro Pelizzari, responsable régional d’Unia. Elle lui apprend qu’une grève vient d’éclater… dans son syndicat. Elle concerne les délégués du personnel des entreprises de l’horlogerie, une vingtaine de personnes clés, qui lui annoncent «suspendre leur rôle et les adhésions en cours dans leurs entreprises respectives».

Le conflit semble lié au sort de Frédéric Loyrion, secrétaire du secteur syndical de l’horlogerie, une des sections historiques du secteur «industrie» (lire encadré) du syndicat. L’homme serait déplacé suite à une réorganisation. Or, ce départ, les délégués le contestent: «Au cours des huit dernières années, ce ne sont pas moins de quatre secrétaires syndicaux qui ont transité à ce poste», dénonce Sarah Neboux, responsable des délégués syndicaux genevois de l’horlogerie et présidente des délégués de cette branche au niveau suisse.

Moment mal choisi

Pour la jeune femme, ce déplacement est d’autant plus absurde que la branche entame les négociations relatives au «renouvellement de sa convention collective de travail (CCT), qui concerne 40 000 salariés en Suisse. Or, Frédéric Loyrion a commencé ces négociations. Il est impensable qu’il soit absent ou remplacé», écrit-elle. Et de marteler: «Lorsqu’on négocie une CCT, c’est comme pour une grossesse, il faut une femme enceinte durant neuf mois et non trois femmes enceintes trois mois chacune.» Et donc, les délégués ne recommenceront le travail qu’après le retour de «leur» secrétaire. Contactée, Sarah Neboux confirme la teneur de sa lettre.

De son côté, Alessandro Pelizzari relativise les critiques: «Je suis surpris que la presse soit en possession de cette lettre protestant contre la réorganisation d’un secteur du syndicat, explique le patron d’Unia. Celle-ci a été proposée par l’équipe elle-même, composée de cinq personnes, et doit encore être concrétisée par la redéfinition des cahiers des charges des collègues.»

Militants consultés

Le responsable régional d’Unia ajoute que «par ailleurs, les membres du comité horloger ne partagent de loin pas tous l’appréciation précoce de Sarah Neboux. Sa lettre a visiblement été écrite sans disposer de tous les éléments nécessaires. Conformément aux statuts, les militants concernés ont le droit d’être consultés sur les questions touchant l’organisation du secrétariat et le seront le moment venu. Mais il n’y a rien de croustillant à en attendre.» Le syndicaliste transmet par ailleurs un courrier envoyé par la présidente du Bureau du comité régional du syndicat aux protestataires, qui précise que l’instance responsable pour les nominations, c’est elle. Et que par conséquent, «sans doute sans vous en rendre compte, vous faites une grève contre l’ensemble de la région et ses militants».

Créé: 28.12.2015, 07h44

Une citadelle horlogère

Né de la fusion de deux syndicats longtemps rivaux, Unia a trouvé dans sa corbeille une importante section horlogère, pilier de la défunte FTMH. Au sein d’Unia, l’horlogerie est aujourd’hui rattachée à la branche de l’Industrie, une des trois branches du syndicat.

Selon un livre sur l’histoire de la FTMH, le développement des commissions d’entreprises dans l’horlogerie, structures faisant courroie entre le syndicat et les employés, remonte aux années?70. A l’époque, ces structures «seront décisives pour les luttes menées contre les licenciements massifs», qui débutent alors.

Ce secteur particulier de taiseux, pratiquant un métier austère, même s’il s’exerce dans le luxe, s’est caractérisé durant ces années par des luttes retentissantes. M.BN

«FTMH, Genève 1945-2005», Erik Grobet et Sophie Eigenmann, Genève, Unia, 2005, 221 pages.

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