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On dilapide à Palmyre et au château d’Hauteville

Philippe Saegesser, médecin, s'indigne de la dispersion des biens associés à cette célèbre demeure vaudoise.

«Notre héritage n’est précédé d’aucun testament». René Char, l’auteur de cette citation datée de 1943, fait référence au vide laissé par la dernière guerre mondiale, lorsque le nombre de morts avait anéanti la capacité de l’ancienne génération à transmettre ses valeurs et son patrimoine à la nouvelle. Sans testament ou, pour mettre en perspective cette métaphore, sans une tradition qui choisit et nomme, qui conserve et transmet, qui indique où les trésors se trouvent et quelle en est la valeur, aucune continuité dans le temps n’est possible. Le massacre de civils innocents et la destruction du site archéologique de Palmyre, berceau de l’humanité et joyau d’une exceptionnelle qualité, par le régime de Daech, soulève notre indignation et pose la même question: quelle capacité une population a de construire un futur lorsqu’on fait ainsi table rase de son passé?

Ces protecteurs du patrimoine seraient bien inspirés d’interroger leur conscience

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