Echange linguistique outre-Sarine pour les profs

Lanques nationalesL’année scolaire 2015-2016 servira de phase test. Les explications du Vaudois père de ce projet.

Christian Berdoz, directeur d’établissement à Corsier-sur-Vevey, qui a proposé le programme d’échanges d’enseignants.

Christian Berdoz, directeur d’établissement à Corsier-sur-Vevey, qui a proposé le programme d’échanges d’enseignants. Image: Chantal Dervey

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Promouvoir l’apprentissage du français à l’école en Suisse alémanique et celui de l’allemand dans nos contrées welches. Pour Christian Berdoz, directeur d’établissement à Corsier-sur-Vevey, il en va d’une certaine cohésion nationale. La cote de l’anglais mène en effet la vie dure à l’enseignement du français dans plusieurs cantons alémaniques, dont Zurich. Le non des Nidwaldiens le 8 mars dernier à l’initiative UDC pour une suppression du français en primaire n’est qu’une maigre consolation. Qui plus est, l’allemand n’est pas davantage à la fête en Suisse romande.

Pour ces raisons, le Corsiéran s’en est allé proposer un programme d’échanges d’enseignants de l’école obligatoire d’une année entre la Suisse romande et la Suisse alémanique (voire avec le Tessin pour promouvoir l’italien, «lui aussi en danger»). Il l’a fait à travers la Conférence latine des chefs d’établissement de la scolarité obligatoire, dont il est le président.

Le projet, qui a entre-temps reçu l’appui de la conférence alémanique, a ensuite fait mouche auprès d’Isabelle Chassot, alors présidente de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP), aujourd’hui directrice de l’Office fédéral de la Culture. «L’originalité de notre démarche est entre autres qu’elle émane des directeurs d’école, du terrain», ajoute Christian Berdoz.

«Défi d’organisation»
Bingo en mars 2014: la CDIP donne son feu vert et délègue la gestion du projet à la Fondation pour la collaboration confédérale. Cette dernière a l’expérience des échanges Magellan, programme d’échanges à l’internationale, abandonné en 2012 par la Suisse pour des raisons de coûts. «Notre projet devra d’ailleurs être neutre en termes de coûts», ajoute le Vaudois. Entendez: les enseignants assumeront les frais de leur échange sans aide du Département ou de la Confédération.

Concrètement, les enseignants dispenseront des cours dans leur langue d’origine uniquement. «Si j’accueille un Alémanique dans mon établissement, il enseignera l’allemand ou des activités créatrices, et notre enseignant dispensera des cours de français outre-Sarine, explique Christian Berdoz. Il faut savoir être pragmatique, ce sera déjà un sacré défi d’organisation d’établir des grilles horaires.»

Les participants au programme conservent leur salaire et ont la garantie de retrouver leur poste à leur retour. Ceux-ci résident de préférence dans la région d’accueil, mais ils peuvent néanmoins faire la navette entre l’école d’accueil et leur domicile. Pour les cantons bilingues, l’échange peut avoir lieu au sein du canton.

Appel aux candidats
L’année scolaire 2015-2016 servira de phase pilote. Des enseignants vaudois ont déjà déposé leur candidature – dont une enseignante de Corsier –, mais la recherche continue. «Pour une première expérience, nous visons cinq établissements dans chaque région linguistique, précise Christian Berdoz. Pour la rentrée 2015, les délais sont toutefois courts. Plusieurs enseignants ont montré un intérêt, mais pas pour cette année.»

Le projet sera mené en collaboration avec le Syndicat romand des enseignants et son pendant alémanique. Sur le plan pédagogique, un soutien sera apporté par deux HEP (Haute Ecole pédagogique): celle de Bienne pour les Alémaniques, celle de Lucerne pour les Romands. «Les méthodes de travail et les approches sont en effet très différentes de part et autre, c’est d’ailleurs l’un des avantages de l’immersion que de connaître la façon de travailler de nos collègues.» (24 heures)

Créé: 06.04.2015, 18h15

Le Département soutient le projet

Alain Bouquet, ce projet d’échange a-t-il le plein soutien du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture?

C’est une proposition que nous avons abordée entre chefs de service romands et lors de la dernière Conférence des directeurs et directrices Vaudois d’établissement. A titre personnel, je soutiens ce projet.

Quels avantages voyez-vous?

Sur le plan linguistique, il permet un rafraîchissement de certaines connaissances langagières, avec en prime un élargissement de son horizon quotidien sur le plan professionnel. Toute initiative permettant de rapprocher les communautés linguistiques de notre pays est la bienvenue. Comme directeur de collège, j’ai accueilli en son temps une enseignante québécoise qui avait échangé durant un an son poste avec une collègue vaudoise. Ce fut une pleine réussite. Entre Romands et Alémaniques, le saut sera certainement moins grand qu’entre le Pays de Vaud et la Belle Province! Quoique…

Ce projet peut-il contribuer à servir de pare-feu face
à ceux qui militent pour l’abandon du français outre-Sarine?


Si tel est le cas, tant mieux! Mais ce n’en est pas la finalité, preuve en est le fait qu’il y a longtemps que nous encourageons de semblables échanges.

Le Canton de Vaud envisage-t-il un soutien aux enseignants qui font le choix de participer à ce projet?

Le soutien de notre Département se manifeste essentiellement par le maintien intégral du salaire des enseignants concernés. Par ailleurs, l’année d’échange compte comme année ordinaire de service.

Pour prendre part au programme: Fondation
pour la collaboration confédérale, 032 346 18 40.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.