«Lui parler de sa famille le rendait fou»

Fusillade en ValaisAtmosphère lourde dans le village encore bouclé de Daillon. Témoignages des habitants, qui tentent de prendre la mesure des événements.

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Le silence est saisissant. Dans le petit village encore bouclé de Daillon, la population a déserté les ruelles, prises d'assaut par les journalistes venus de toute la Suisse. Des voitures de police et des véhicules de pompiers stationnent un peu partout. La zone devant l'église, théâtre du drame, est délimitée par un cordon de police.

«Planquez-vous, ce sont des coups de feu!»
Devant le restaurant de la Channe d'Or, non loin des lieux de la fusillade, des habitants du village voisin partagent la consternation de la population de Daillon. «Un petit village tranquille comme celui-là, vous imaginez...» Les deux tenancières du café, Marthe Udry et sa fille Marie-Paule, ont entendu les coups de feu, sans parvenir à identifier immédiatement la source de ces bruits inhabituels. «Nous avons pensé à des volets qui claquaient. Mais soudain, un client est arrivé en courant. Il nous a dit que c'était en fait des coups de feu», témoigne Marie-Paule Udry.

L'homme a alors crié à la tenancière de fermer les stores, d'éteindre les lumières, et d'aller «se planquer». «Nous sommes tous descendus à la cave. Je ne sais pas pendant combien de temps nous y sommes restés, tout était si confus», raconte encore la fille. Tous sont ressortis après un coup de fil, reçu par un client réfugié dans la cave du bistrot, annonçant que le forcené avait été repéré.

Un jeune homme dépressif et solitaire
L'auteur des coups de feu avait justement pris un verre à la Channe d'Or un peu plus tôt dans la soirée. «On voyait bien qu'il était alcoolisé, mais rien ne laissait présager ce qui allait se passer.» L'homme de 33 ans n'était pas un habitué des lieux. «On ne le voyait pas souvent, précise Marie-Paule Udry, il allait plutôt boire des verres dans les bistrots d'Erde, un village voisin.»

«Il faisait des dépressions et était plutôt marginal. Sa famille essayait de venir le voir, mais sans succès», confie encore Marthe Udry. Un autre témoin va plus loin:«il ne fallait pas lui parler de sa famille, sinon il pétait un câble.» Le blessé de 63 ans est l'oncle du tireur. Le jeune homme a grandi à Daillon, ses parents sont ensuite partis vivre en plaine. Véritable force de la nature, il avait tenté d'être engagé comme officier à l'armée, en vain.

La tenancière, qui s'occupe de la Channe d'Or depuis une quarantaine d'années, connaissait bien la victime de 79 ans. «Pour les autres, on n'est pas vraiment sûrs de qui il s'agit, on ne nous dit rien.»

Créé: 03.01.2013, 13h34

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