Une étudiante exclue pour avoir fait appel à un ghostwriter

FraudeUne étudiante de l'Université de Genève a rendu un travail rédigé par un tiers. Ce cas de fraude, reconnu par la justice genevoise, est une première suisse.

L'avocat de l'étudiante, Me Andrea von Flüe, a annoncé qu'il allait recourir contre la décision de la Chambre administrative au Tribunal fédéral.

L'avocat de l'étudiante, Me Andrea von Flüe, a annoncé qu'il allait recourir contre la décision de la Chambre administrative au Tribunal fédéral. Image: Laurent Guiraud/Tribune de Genève

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C’est le premier cas avéré de triche grâce au paiement d’un ghostwriter dans une université suisse. Une étudiante de 31 ans réalisant un master en neurosciences à l’Université de Genève (Unige) a rendu un travail rédigé par un «prête plume» qui lui a valu son élimination. Son recours n’y a rien fait. Il a été rejeté par la Chambre administrative genevoise, révèle le Matin Dimanche.

Tout est parti d’une recherche menée en 2013 au Royaume-Uni sur les étudiants prêts à payer un tiers pour effectuer leurs travaux académiques. Au cours de cette étude, des chercheurs découvrent sur un site Internet d’appel d’offres pour la réalisation de projets un document du nom de l’étudiante iranienne. Celle-ci explique ses attentes pour la rédaction d’un rapport dans le cadre d’un cours sur les statistiques et probabilités donné à l’Unige. Les chercheurs alertent l’université qui demande à l’intéressée des explications.

«On se demande si l’Unige n’a pas voulu donner l’exemple»

Elle reconnaît avoir transmis dans un document des informations à sa famille et ses amis pour recevoir des conseils, mais affirme n’avoir eu aucun contact avec le site Internet en question et n’avoir rien payé. Elle admet avoir reçu de l’aide, ne maîtrisant pas le sujet à 100%, mais soutient avoir travaillé durement. L’Unige interroge oralement l’étudiante sur le contenu de son rapport et sa méthode, mais elle ne convainc pas. On épluche alors deux de ses rapports rendus dans le cadre du même cours. Verdict: il y a fraude. L’étudiante porte l’affaire en justice.

Pour la Chambre administrative, «il ne fait aucun doute que le comportement adopté par la recourante constitue un cas de fraude», indique-t-elle dans son arrêt du 15 mars dernier. «Peu importe à cet égard qu’elle ait elle-même posté ledit énoncé sur le site en question ou qu’un tiers ait procédé ainsi à son insu, du moment qu’elle admet avoir accepté de l’aide extérieure, et qu’elle a repris des écrits émanant de tiers, les faisant passer pour les siens propres», précise-t-elle, en concluant au rejet du recours.

«Nous allons jusqu’au Tribunal fédéral, annonce son avocat genevois, Me Andrea von Flüe. Ma cliente conteste avoir commandé un rapport sur Internet et soutient en être l’auteur. C’est une excellente étudiante dont le travail de mémoire a été publié dans une revue scientifique. On se demande si l’Unige n’a pas voulu donner l’exemple. Elle fait office de coupable idéal.» Aujourd’hui, elle suit un master dans un autre canton. Contacté, le recteur de l’Unige, Yves Flückiger, ne fait aucun commentaire.

Créé: 03.04.2016, 18h49

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