La faillite du festival Luna Classics n’a pas été évitée

FestivalLe festival comptait sur Paléo pour le sauver de la faillite. Son boss, Daniel Rossellat, a refusé de verser un sou.

Une des principales raisons de cette faillite: la structure en forme de lune développée par l'EPFL.

Une des principales raisons de cette faillite: la structure en forme de lune développée par l'EPFL. Image: Keystone

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«On s’est battus jusqu’au bout.» Hazeline van Swaay, directrice du Luna Classics, a le cœur gros. Le plan de restructuration imaginé ces dernières semaines a échoué. Il n’y a pas eu de sauveur tombé du ciel. Les dettes cumulées d’environ 1,8 million ne peuvent pas être remboursées. Le festival se retrouve sur la paille.

Dès lors, l’Association Luna Classics et la Fondation St Prex Classics ont maintenu leur demande de mise en faillite.

Lors du dépôt de bilan en mars dernier, la directrice avait expliqué que l’installation de la structure Luna, un prototype réalisé par l’EPFL, avait causé des frais largement supérieurs à ceux initialement prévus, ce qui a entraîné des déficits pour les exercices 2013 et 2014.

Le festival doit encore des cachets impayés aux artistes pour un montant d’environ 300 000 francs et doit régler pour plus de 400 000 francs de factures aux fournisseurs locaux. En plus, Luna Classics a encore deux créances, l’une auprès du Canton, pour un montant de 900 000 francs, et une autre de 160 000 francs auprès de la Ville de Nyon (prêts pour financer la structure).

Pour essayer de sauver les meubles, la fondation et l’association ont mandaté un groupe de travail composé d’un ancien haut fonctionnaire responsable des finances de l’Etat de Vaud, d’un avocat et d’un ancien banquier.

Ils ont proposé que la créance de l’Etat et celle de la Ville de Nyon soient prolongées, ou postposées (mises sous la pile), et ont demandé un apport d’argent frais pour rembourser les artistes et les fournisseurs locaux.

Le conseiller d’Etat Philippe Leuba déclare que son département ne s’est pas prononcé sur ce plan. Et, du côté de Nyon, le syndic Daniel Rossellat confirme qu’il a demandé le remboursement du prêt. Prenant ensuite sa casquette de président de Paléo, il précise que Luna Classics l’a approché pour lui demander que Paléo couvre ses dettes.

Conflit d’intérêts

«Il est très vite apparu qu’il était hors de question que Paléo s’implique financièrement dans cette affaire. Il y aurait un risque évident qu’on m’accuse de conflit d’intérêts. De toute manière, Paléo n’a pas l’intention d’organiser un autre festival, et je n’ai pas le fantasme de devenir le directeur de Luna Classics.

Je veux me contenter de jouer un rôle de facilitateur pour rechercher, grâce à mon carnet d’adresses, des gens qui seraient intéressés par la reprise de la structure car je crois en la potentialité de ce festival et j’espère qu’il pourra rester à Nyon.»

L’avenir de ce festival né modestement à Saint-Prex en 2006 ne dépend pas que du carnet d’adresses de Daniel Rossellat. Philippe Leuba y croit aussi et assure son soutien.

Et la directrice Hazeline van Swaay n’est pas prête à lâcher son bébé. «Ce festival qui a accueilli 15 000 spectateurs l’an dernier a encore une marge de progression. C’est un événement d’intérêt public qui a fait rayonner Nyon et le canton de Vaud, ce n’est pas une affaire commerciale. Et si on continue la programmation atypique qui fait l’ADN de Luna Classics, j’y ai ma place car c’est ce que je sais faire.»

La directrice annonce qu’un groupe sera créé pour rechercher des mécènes intéressés par le rachat de la structure, principal actif du festival, évaluée à près de 3 millions. En dernier ressort, la structure Luna sera vendue aux enchères par l’Office des faillites.

(24 heures)

Créé: 03.06.2015, 20h05

En chiffres

1,8 million C’est l’estimation de la dette globale de Luna Classics.

900 000 En francs, c’est le prêt
du Canton à rembourser.

160 000  En francs, c’est la somme due à la Ville de Nyon.

300 000 En francs, c’est le montant des cachets impayés.

400 000 En francs, les factures à régler aux fournisseurs locaux.

2,9 millions C’est le coût en francs de la structure Luna réalisée par l’EPFL.

1,8 million Le montant versé par Vale à titre de sponsoring.

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