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La passion blanche des Combiers ne fondra pas

Pour l’importance de l’image mais aussi par amour de la tradition, la Vallée continue de croire à l’avenir des sports d’hiver

Voilà bien quatre ans que le lac de Joux n’a pas gelé entièrement. Lors de la dernière saison de ski, les jours blancs au Brassus, l’un des coins les plus frais de la Vallée, on n’a pu skier que 38 jours. Même pas la moitié d’une saison normale. Sans parler de cet hiver, où la neige n’est tombée qu’une fois. Or, «elle doit tomber trois fois pour rester», selon les Combiers.

Alors, le réchauffement climatique, ils s’y préparent. Avec résignation. Mais aussi avec sérénité, notamment parce qu’ici l’or blanc et son cortège de skieurs ne font pas vivre les villages des stations: 60 à 65% des nuitées à la Vallée se font entre la belle saison et l’automne. «La clientèle est essentiellement excursionniste. Peu de gens viennent louer un chalet et s’attendent à skier sur une semaine», note Cédric Paillard, directeur de Vallée de Joux Tourisme.

«Le ski de fond est une tradition»

Mais pas question de tourner la page du tourisme hivernal pour autant. De loin pas. «Le ski de fond est ancré dans les habitudes ici, poursuit Cédric Paillard. C’est une tradition qu’on espère réactualiser avec les Jeux olympiques de la jeunesse.» Les Combiers rêvent d’un centre de compétence, à même de rappeler les grandes manifestations sportives, comme les championnats internationaux au tremplin de la Chirurgienne ou les coupes du monde de ski de fond à la Thomassette. «On va mettre en place des expériences qui nous seront utiles, comme le stockage de neige pendant l’été et la maîtrise des canons à neige. A terme, on pourrait être capable de proposer du ski de fond en décembre, espère Dominique Rochat, président du Ski-Club de la Vallée. Il faut développer un ensemble de solutions.»

«On skiera toujours. Mais il faut s’attendre à des saisons plus courtes. On devra être encore plus réactifs.»

Même optimisme du côté des remontées mécaniques. Entre les stations du Brassus et de L’Orient, plus de 2 millions de francs ont été investis pour remettre à neuf les petits remonte-pentes. «On skiera toujours, assure Jacques Bianchi, féru de glisse et responsable technique du téléski des Mollards. Mais il faut s’attendre à des saisons plus courtes. On devra être encore plus réactifs.» Ça tombe bien, la région l’est déjà. Les «petites mains» qui font les pistes et tendent les arbalètes sont souvent des employés du bâtiment ou des bénévoles, prêts à ouvrir des pistes aux premiers flocons.

Le lac servait de terrain de hockey

Pour le patinage sur les lacs combiers aussi, il faudra être encore plus prompts à réagir. «A l’époque, le lac servait de terrain de hockey aux enfants des villages. C’était Le Pont contre L’Abbaye», se souvient le pêcheur Jean-Daniel Meylan. Il fait partie depuis 1980 des spécialistes qui auscultent les glaces et donnent, ou non, le feu vert au patinage. «Maintenant, il suffit d’un épisode de froid pour qu’il gèle. Mais il faudra anticiper les fissures, et réapprendre à les considérer comme des patinoires naturelles.»

Reste que la stratégie pour renouveler l’offre hivernale est bien là. Les professionnels disent miser sur les projets animant l’arrière-saison automnale, vouloir développer le centre sportif, ajouter des attractions régionales à la carte ValPass qui combine transports publics gratuits et offres diverses. «On songe à ajouter les entrées à deux golfs en France, à développer les chemins de randonnées et la région du Mollendruz», conclut Cédric Paillard. Les prochaines années seront déterminantes.

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