Les salaires sur le chantier de Zara seront rectifiés

ZurichLe cas de sous-enchère salariale révélé par Unia sur le chantier de Zara, à la Bahnhofstrasse de Zurich, a trouvé une issue.

Un magasin de la marque Zara.

Un magasin de la marque Zara. Image: ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION/Keystone

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Le maître d'ouvrage Goa Invest, filiale du géant espagnol Inditex, maison mère propriétaire de Zara, reconnaît les manquements de ses sous-traitants et met à disposition un montant de 450'000 francs pour rectifier les salaires.

Le chantier a redémarré mardi dans la matinée, a indiqué mercredi Unia dans un communiqué. Le syndicat bloquait depuis le 24 février les travaux de la nouvelle boutique phare de Zara, sur la principale artère commerçante zurichoise.

Voici deux semaines, Unia a dénoncé le cas d'ouvriers espagnols détachés touchant un salaire mensuel entre 900 et 2000 euros (soit entre 1096 et 2436 francs), pour jusqu'à 60 heures de travail hebdomadaires. Les pourparlers avec Goa Invest ont débuté la semaine dernière, pour s'achever dans la nuit de lundi à mardi.

Goa Invest et la maison mère Inditex, également propriétaire de la marque d'habillement Zara, «assument désormais leur responsabilité de maîtres d«ouvrage», écrit le syndicat. En versant 450'000 francs sur un compte bloqué, les deux firmes garantissent le paiement des salaires corrects dus à la centaine de travailleurs lésés, poursuit-il.

Sous-traitant remplacé

Inditex indique pour sa part que l'entreprise de construction espagnole Incoga Norte, à l'origine des manquements, a été désormais remplacée par un sous-traitant local. L'accord conclu entre Unia et Goa Invest prévoit que «tous les travailleurs perçoivent les rémunérations exactes stipulées par les conventions correspondantes».

Le fonds mis à disposition est destiné à assurer des rémunérations correctes jusqu'à la finalisation des travaux, selon la multinationale. Celle-ci souligne par ailleurs la coopération «exemplaire» de Goa Invest dans la résolution du conflit.

Avec l'aide du maître d'ouvrage, tous les sous-traitants ayant violé les conventions collectives de travail en vigueur dans la branche ont été identifiés, relève de son côté le syndicat. Cela a permis de «mettre en place des mesures visant à rétablir une situation conforme à la loi».

Initiative cantonale

Selon Unia, Goa Invest s'est en outre engagée à verser 150'000 francs à une œuvre d'entraide pour témoigner de sa responsabilité sociale, et de celle d'Inditex. Pour mémoire, la multinationale espagnole est contrôlée par le fondateur Amancio Ortega Gaona, l'homme le plus riche d'Europe et troisième fortune planétaire, selon le dernier classement Forbes.

Ce nouveau cas de dumping salarial démontre «que les mesures en place ne permettent pas d'éradiquer cette sous-enchère», souligne Unia Zurich, qui a annoncé le lancement d'une initiative populaire au niveau cantonal. Le texte entend charger les autorités de suspendre les travaux lorsque les conditions de travail et les salaires en vigueur en Suisse ne sont pas respectés. (ats/nxp)

Créé: 12.03.2014, 18h12

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