La Suisse veut davantage s’armer contre l’autisme

SantéInterpellé il y a trois ans, le Conseil fédéral se prononce sur les carences de prise en charge et de traitement de la maladie.

En 2012, le conseiller fédéral Alain Berset avait souligné que la situation dans le domaine de la détection et de la prise en charge de l’autisme était insatisfaisante.

En 2012, le conseiller fédéral Alain Berset avait souligné que la situation dans le domaine de la détection et de la prise en charge de l’autisme était insatisfaisante. Image: Keystone

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Le combat des associations de personnes concernées par l’autisme ne date pas d’aujourd’hui. Depuis des années, elles dénoncent les carences en matière de formation des médecins, principalement pédiatres et psychiatres. Ces derniers, en effet, ne suivent dans leur cursus que deux périodes de quarante-cinq minutes sur une maladie d’origine biologique qui, pour être efficacement combattue, doit être précocement diagnostiquée.

La Suisse, qui a perdu pied dans le domaine, souffre d’un déficit de compétences, largement alimenté par la persistance d’une «psychiatrisation» de la maladie. Une approche qui a été abandonnée par la plupart des pays développés. En outre, la Suisse est handicapée par la dispersion des forces due à la diversité des mesures mises en place – ou pas – par les cantons.

Claude Hêche (PS/JU), aujourd’hui président du Conseil des Etats, avait interpellé le gouvernement à deux reprises. En 2012 en particulier, il avait déposé un postulat qui demandait d’établir une vue d’ensemble de la détection, de la prise en charge et du suivi de la maladie. Le Jurassien demandait aussi qu’il soit procédé à une évaluation des mesures à disposition et des pistes d’amélioration possibles, en particulier sur le plan de la coordination intercantonale.

Situation insatisfaisante

Dans sa réponse, le conseiller fédéral Alain Berset avait souligné que la situation dans ce domaine était insatisfaisante. Il annonçait la création, sous l’égide de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS), d’un groupe de travail qui se chargerait du rapport demandé par le parlementaire socialiste.

Trois ans plus tard, rien ne semble avoir bougé et les familles concernées par l’autisme ont fini par se demander si aucun acte n’allait suivre les bonnes paroles. Les apparences, en l’espèce, sont trompeuses: en dépit de la longueur de l’attente, le Département fédéral de l’intérieur a fait ce qu’il avait dit et Claude Hêche peut se féliciter du fait que le gouvernement ait donné suite à son postulat. «Je me suis régulièrement assuré du suivi parce je n’ai jamais été autant sollicité sur un dossier», précise-t-il.

Selon nos informations, un rapport de recherche est ainsi en cours de rédaction. L’état des lieux des mesures cantonales et leur évaluation ont été confiés à l’Interkantonale Hochschule für Heilpädagogik (HfH), à Zurich, et l’OFAS explique la durée du processus par les exigences d’une étude fouillée et de longue haleine. Le groupe de travail qui s’en est chargé est composé de représentants de l’OFAS, des cantons, des associations de psychiatrie de l’enfance et de l’adolescence ainsi que des personnes concernées par l’autisme.

Le Conseil fédéral répondra donc au postulat dans le courant du printemps et s’interdit toute déclaration dans l’intervalle. Claude Hêche, pour sa part, attend du rapport qu’il fasse des recommandations à la Confédération et qu’il établisse tant un calendrier des mesures à entreprendre qu’un certain nombre de priorités.

Une approche nationale

Devant la sensibilité manifestée par Alain Berset lors des débats sur ce dossier, il y a fort à parier que la réponse du Conseil fédéral ira dans le sens préconisé par le postulat. A savoir une amélioration de la détection et de la prise en charge de l’autisme, ainsi que l’encouragement à adopter une vision commune, voire nationale, face à la maladie, gage d’un meilleur suivi dans la réadaptation des enfants et d’un soutien accru aux familles.

Ce serait, de surcroît, la réponse la plus adéquate au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies qui, le 4 février dernier, a épinglé la Suisse pour ses carences en matière des droits des enfants avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA), «en particulier dans les domaines du dépistage et de l’intervention précoces, et de l’inclusion scolaire et sociale».

Créé: 17.03.2015, 10h55

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