Le Syriaque tessinois arrêté à son retour de Syrie

JusticeCe Suisse a combattu aux côtés des chrétiens syriens contre les islamiques. La justice militaire a ouvert une enquête.

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Portant une kalachnikov, vêtu d’un treillis camouflé et coiffé d’un keffieh, Johan Cosar est souvent apparu dans les médias ces derniers mois. Ce Tessinois de confession syriaque combattait les islamistes aux côtés des chrétiens syriens dans le nord-est du pays. Il a été interpellé à Bâle sur ordre de la justice militaire, qui l’a entendu avant de le relâcher.«Ce monsieur a été arrêté à fin février, confirme Tobias Kühne, porte-parole de l’auditeur en chef de l’armée. Une enquête a été ouverte selon l’article 94 du Code pénal militaire.» Cet article punit les Suisses qui ont servi dans une armée étrangère. La sanction encourue est une peine de prison de 3 ans au maximum ou une peine pécuniaire.

Selon Tobias Kühne, la justice militaire engage chaque année entre une et deux procédures de ce type. «Il s’agit principalement de Suisses qui se sont enrôlés dans la Légion étrangère française.» Comme dans le civil, les juges militaires tiennent compte des motivations qui ont poussé la personne avant de l’inculper, voire de la condamner.

Pour Johan Cosar, sa confession syriaque et sa volonté de venir en aide à ses frères chrétiens de Syrie pourraient être considérées comme des circonstances atténuantes sérieuses. Dans un reportage diffusé par la Télévision tessinoise en janvier, il déclarait ne pas craindre la justice militaire car il avait été poussé «par des motifs humanitaires à défendre la population civile», en particulier «des femmes et des enfants promis à la décapitation» par les islamistes. A mi-février, Johan Cosar avait annoncé par l’intermédiaire de son avocat qu’il souhaitait revenir en Suisse. L’honorabilité de la cause des chrétiens syriaques a été reconnue par la Suisse en septembre dernier, lorsque le secrétaire d’Etat Yves Rossier a reçu des représentants de cette communauté. On estime à une dizaine le nombre de Suisses combattant actuellement en Syrie dans des groupes kurdes ou chrétiens. Agé aujourd’hui de 32 ans, Johan Cosar était parti en 2012 en Syrie comme journaliste libre afin de documenter la situation des chrétiens syriaques. Ancien sergent instructeur dans l’armée suisse, il a décidé de passer à l’action en juin 2012 en rejoignant une milice d’autodéfense et en la faisant bénéficier de son savoir-faire. Par la suite, il a participé à la formation du Conseil militaire syriaque (CMS). Cette milice d’une centaine d’hommes défend des villages chrétiens dans la région de Qamishli, à proximité de la frontière turque.

Dans les reportages qui lui ont été consacrés, Johan Cosar indiquait que le CMS se battait aux côtés de groupes kurdes. Il soulignait aussi les lacunes criantes de son armement, composé uniquement d’armes légères. Avec sa chevelure grise, le Tessinois apparaissait lui-même las et creusé. Cette fatigue, après plus de deux ans d’un combat désespéré, peut expliquer sa volonté de rentrer au pays.

Créé: 11.03.2015, 18h20

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