«No Billag», c'est 500 emplois de moins sur Vaud
François Longchamp, qui Président de la Conférence des Gouvernements de Suisse occidentale, explique pour quoi il faut refuser cette initiative.
Bientôt l'entreprise Billag ne percevra plus la redevance radio-télévision. Une société zurichoise la remplacera dès 2019. À Fribourg, l'avenir de son personnel – 250 personnes – reste incertain. Cette première conséquence du débat sur la redevance de la radio-télévision frappe un canton romand. La suite risque d'avoir des effets d'une extrême gravité pour l'arc lémanique aussi.
La SSR entretient la cohésion d'un petit pays, la Suisse, doté de quatre langues officielles. Pour lui en donner les moyens, la Confédération veille à la perception d'une redevance que la SSR distribue avec équité. Romands, Tessinois et Romanches touchent une part supérieure au prorata de leur population. La redevance permet ainsi aux minorités de conserver des programmes que la publicité ne suffit pas à entretenir.
Il est illusoire de penser que des opérateurs privés compenseraient le manque à gagner si la redevance disparaissait. Le modèle zurichois des médias ne profite pas à la Suisse romande. On l'a vu dans la presse écrite. Aux arguments idéologiques, il est temps à présent d'opposer de vraies raisons économiques et d'éviter une erreur cosmique.
La RTS fournit dans l'arc lémanique l'équivalent de 1500 emplois à plein temps. 590 de ses collaborateurs et collaboratrices sont imposés dans le canton de Vaud. Le cabinet bâlois BAK Economics observe en outre que chaque emploi SSR soutient un autre emploi dans un autre secteur. La RTS fait travailler 660 entreprises externes. Le chiffre d'affaires «RTS» de ces fournisseurs s'élève à 54,5 millions de francs, soit en moyenne 82 500 francs/an par entreprise. Pour une PME, ça compte.
La redevance finance aussi les télévisions locales sous convention. La Télé par exemple lui doit plus de la moitié de son budget. La Télé, c'est 47 emplois sans compter les collaborations externes.
La Conférence des cantons suisses ne s'y est pas trompée en s'opposant à cette initiative. Enlever à la SSR et aux chaînes locales les moyens de leur action, c'est brûler le tissu économique. Pour la RTS, le feu s'abattrait sur RTS1 et RTS2, La Première, Espace 2, Couleur 3 et Option Musique. En Suisse romande, hormis ces chaînes, La Télé, Léman Bleu, Radio Cité, Canal Alpha, Canal3, Canal 9, Radio Chablais, Telebielingue, Radio Fribourg, RFJ, Rhône FM, RJB et RTN seraient incendiées de même.
Face aux diffuseurs étrangers qui attaquent son marché, la SSR maintient une offre suisse d'une qualité enviée. On peut aimer ou non ses programmes. On peut souhaiter sa réforme.
Il faut bien voir cependant que, en cas d'acceptation de «No Billag», la première victime ne sera pas la matière mais l'emploi. La constitution garantit l'accès aux médias de service public. S'ils devaient fermer ou se replier, outre la négation de ce droit, nous créerions par centaines des nouveaux chômeurs dans un secteur déjà fragilisé. C'est paradoxal et surtout tragique.
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