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Coronavirus en SuisseNoël aurait pu être meilleur en agissant plus tôt, selon un expert

Un membre de la task force Covid-19 relève que la prise de décision décentralisée en Suisse rend compliquée une action rapide pour lutter contre la pandémie. Il estime que des mesures prises plus tôt auraient été plus efficaces.

Les autorités suisses seront peut-être obligées de prendre des mesures contraignantes pour Noël, selon un expert de la task force.
Les autorités suisses seront peut-être obligées de prendre des mesures contraignantes pour Noël, selon un expert de la task force.
KEYSTONE

Plus les mesures contre le Covid-19 sont prises tôt, plus elles sont efficaces au niveau sanitaire et moins elles sont négatives pour l’économie, relève Marius Brülhart, membre de la task force Covid-19. En agissant plus tôt, «nous aurions […] eu un meilleur Noël».

«Nous aurions aussi pu avoir des mesures moins contraignantes que ce que nous allons finalement être obligés de prendre maintenant», ajoute dans un entretien diffusé jeudi par «Le Temps» l’économiste, membre du groupe d’experts en économie du Conseil fédéral.

Le professeur à la faculté des hautes études commerciales (HEC) de l’Université de Lausanne constate que la prise de décision très décentralisée en Suisse, «avec beaucoup de voix [qui] peuvent s’exprimer», rend compliquée une action rapide. «Le Conseil fédéral a les moyens d’agir, mais il représente une coalition et il faut trouver un consensus entre chaque susceptibilité», souligne-t-il.

Arbitrage santé-économie

Selon lui, il ne faut pas opposer santé publique et économie. Les premières recherches montrent que lorsque le facteur de reproduction du coronavirus est supérieur à 1, «comme c’est le cas actuellement en Suisse, il n’y a pas d’arbitrage entre économie et santé. Si l’on ne maîtrise pas le virus, on pénalise l’économie», précise-t-il

«Lorsque le facteur de reproduction est plus faible, on doit faire certains arbitrages d’ordre économique», poursuit-il. Il reconnaît cependant que, pour certaines branches, qui doivent fermer, «c’est grave». Mais en intégrant les aides étatiques dans l’équation, «on enlève alors la peur de la faillite».

Nouvelles aides pas nécessaires

Le professeur d’économie estime que de nouvelles aides publiques ne sont pas nécessaires pour le moment. «Nous avons des mécanismes qui fonctionnent, avec le chômage partiel et la garantie des salaires les plus bas». Il note également que «les prêts Covid, lors de la première vague, ont été un excellent moyen, rapide et efficace, pour que les entreprises obtiennent des liquidités».

Mais remarque-t-il, le coût du confinement est à la charge des entreprises, puisqu’elles doivent rembourser les prêts. «En outre, ce programme est terminé, donc, elles n’ont plus accès à cette liquidité et les fonds promis pour les cas de rigueur – 2,5 milliards de francs – ne sont toujours pas disponibles et les critères d’attribution restent vagues».

ATS/NXP

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