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Narrer le passé autrementNotre histoire se raconte aussi par les cartes

Deux atlas se donnent pour mission de retracer l’évolution des territoires, l’un de la Suisse romande, l’autre de la Suisse entière.

La carte de l’état des lieux en 1601, «Berne se renforce», tirée de l’«Atlas historique des pays romands». Berne, en allant au secours de Genève, son alliée réformée, a conquis le Pays de Vaud. Son territoire s’étend de l’Argovie au Léman.
La carte de l’état des lieux en 1601, «Berne se renforce», tirée de l’«Atlas historique des pays romands». Berne, en allant au secours de Genève, son alliée réformée, a conquis le Pays de Vaud. Son territoire s’étend de l’Argovie au Léman.

Hasard ou tendance, deux ouvrages viennent simultanément proposer aux amateurs d’histoire de se pencher sur le passé non pas à partir de textes, mais de cartes. De quoi rafraîchir ou ressusciter un certain nombre de connaissances avec un regard nouveau. De s’interroger, aussi, sur les notions de continuité, d’identité et des hasards de l’histoire, en voyant comment les territoires et leurs divisions peuvent changer au fil du temps et des événements.

Il n’existait rien au niveau régional, l’«Atlas historique des pays romands» vient donc combler un manque. Que montre-t-il? En 21 cartes, la démarche de l’auteur Christos Nüssli consiste à représenter les frontières politiques, administratives et linguistiques qui ont successivement traversé la Romandie et les espaces avoisinants. Ce en partant de l’an 1, remontant le temps de siècle en siècle jusqu’en l’an 2001.

Le format d’une BD

Chacune des cartes est accompagnée par un texte court décrivant les événements de la période concernée. La zone couverte va de Genève au Haut-Valais de gauche à droite, et verticalement de Bâle au Grand-Saint-Bernard. Le format retenu est celui d’une BD, logique puisque lesdites cartes ont d’abord paru dans le magazine romand d’histoire «Passé Simple».

La carte de la République helvétique en 1798, avec ses 19 cantons, extraite de l’«Atlas historique de la Suisse».
La carte de la République helvétique en 1798, avec ses 19 cantons, extraite de l’«Atlas historique de la Suisse».
Marco Zanoli

Visuellement, on commence par la très grande simplicité de l’an 1, qui voit l’Empire romain exercer son pouvoir et son administration sur un territoire divisé en provinces. La complexité culmine avec le Moyen Âge et ses multiples divisions, seigneuries, comtés, royaumes et autres évêchés dessinant un véritable patchwork. Et l’on termine bien évidemment avec du connu, soit l’état actuel. «Prendre en considération les cantons romands et bilingues, écrit l’historien et coéditeur Justin Favrod, donne le sentiment d’une suite de circonstances qui ont amené très lentement ces terres dans l’orbite fédérale.»

La Suisse en 111 cartes

Concernant notre État fédéral dans son ensemble, il y a 70 ans qu’on n’avait rien publié, et donc là aussi, l’«Atlas historique de la Suisse» mérite qu’on s’y penche. D’autant que le propos est ambitieux et généreux. Dans un format horizontal cossu, il présente en 25 chapitres rien de moins que l’histoire de la Suisse dans son environnement régional, en continuité de l’âge de la pierre à l’orée du XXIe siècle.

Chaque chapitre comprend un texte d’introduction et au moins trois cartes (il y en a 111 au total), dont l’une montre la situation de l’espace alpin, remettant le pays dans son contexte de l’époque. Les auteurs, Marco Zanoli (cartes) et François Walter (textes), rappellent ainsi que «la Suisse n’est pas inscrite toute faite dans le temps et l’espace mais qu’elle n’a cessé de se faire, de se défaire et de se recomposer. Tel est le sens de l’Histoire.»

10 commentaires
    Gaston Lagaffe

    L'histoire est probablement la plus importante des choses à enseigner.Grâce à elle, on sait d'où on vient. Et avec cette connaissance, on peut mieux savoir vers quoi on va ! Sans connaissance du passé, il n'y a pas d'avenir.