«Nous souhaitons favoriser la transition écologique»
Deux conseillères du parti des Verts nyonnais ont créé un collectif inspiré par le film Demain. Interview

«Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde.» La citation de Gandhi figure sur l'affiche du groupe Demain La Côte, qui s'est publiquement fait connaître pour la première fois lors du récent Festival du Film Vert. L'idée de créer ce collectif est née au sein du parti des Verts actif au Conseil communal de Nyon. Mais cette couleur politique ne doit surtout pas coller à la peau des membres de Demain La Côte, qui veut réunir des personnes de tous bords et de tous âges, sans aucune étiquette politique.
Conseillères communales chez les Verts nyonnais, Valérie Mausner Leger, enseignante en économie politique et consultante pour les collectivités publiques, et Sarra Inoubli Le Roy, médecin, sont à la base de ce collectif, qui compte près d'une trentaine de personnes. «Les gens en ont un peu marre du bla-bla politique et des confrontations stériles entre les partis. Ils veulent du concret. Certains disent qu'ils ne sont pas de gauche, mais aimeraient plus de vie sociale dans les quartiers. D'autres qu'ils ne sont pas écologistes, mais ne veulent plus de cette surconsommation. Par une démarche citoyenne et collective, nous souhaitons favoriser la transition écologique.»
Créez-vous Demain La Côte parce que la politique institutionnelle n'apporte pas les solutions aux problèmes de notre temps?
Valérie Mausner Leger: Les deux sont nécessaires: le politique agit dans son cadre institutionnel. Les citoyens, eux, ont l'envie de s'atteler à des problématiques spécifiques, hors du champ de compétence de l'administration. A nous de jouer un rôle de courroie de transmission.Sarra Inoubli Le Roy: Notre engagement politique au Conseil communal nous permet d'entrer en contact avec l'administration, ce qui permet de simplifier la mise en œuvre des actions discutées lors de nos rencontres au sein du groupe Demain.
Espérez-vous le soutien des autorités politiques?
VML: Nous avons la chance d'avoir des autorités politiques ouvertes qui soutiennent les projets innovants de cohésion sociale. Nous chercherons des synergies. Par exemple, une initiative telle qu'une armoire ouverte (boîte d'échanges) ou un Repair café ne changera pas le taux de recyclage communal, mais il renforcera les messages déjà communiqués par les autorités sur le tri.SILR: La Ville de Nyon, via le service de développement durable, s'est montrée enthousiaste par une telle initiative, proposant son soutien.
Le nom du groupe, et l'affiche qui vous identifie, s'inspirent du film Demain. Votre but est d'appliquer les solutions proposées dans le film?
VML: L'utilisation des thèmes abordés dans Demain rend notre action plus lisible et témoigne de notre état d'esprit: collectif, décontracté, citoyen.SILR: Le film Demain a eu un tel impact sur la population qu'il nous a paru utile de reprendre quelques thèmes pour nous guider dans la réflexion et interpeller autour de nous.
Avez-vous d'autres sources d'inspiration? Demain Genève, par exemple, une association qui existe depuis 2016?
VML: Le fait que Demain Genève ait pu lever près de 90 000 francs pour la réalisation d'un film dans la région montre à la fois l'engouement pour les actions citoyennes et la volonté d'engagement d'une manière ou d'une autre. Nous nous inspirons aussi de ce qui se fait déjà à côté, tels les jardins éducatifs de Gland.
Avez-vous déjà des projets?
SILR: Nous voulons mettre l'accent sur trois thèmes: l'agriculture urbaine, les coopératives citoyennes d'énergies renouvelables, le lien social et la consommation sobre et locale.VML: L'extension des jardins potagers, les armoires ouvertes, un Lémanpoly géant pour le Parking Day et un marché gratuit. Les idées ne manquent pas pour limiter le gaspillage.
La difficulté ne sera-t-elle pas de réussir à motiver les gens à se mobiliser dans une ville où la majorité vit aisément?
VML: L'avenir nous le dira. Aisés ou non, les individus ont conscience que notre modèle est à bout de souffle, les anciens se rappellent d'une autre qualité de relation humaine, du sens collectif, des produits locaux et de l'absence du gaspillage. Les jeunes ont envie de sauver la planète et d'agir. Enfin, ceux qui sont en plein dans la vie active ont besoin d'avoir des projets collectifs qui leur ressemblent.SILR: Oui, la motivation reste un enjeu majeur, mais nous espérons que ce mouvement fasse effet boule de neige. C'est pourquoi l'énergie ne peut venir que du groupe pour perdurer et s'auto-entretenir, et non pas d'une source externe comme le politique par exemple.
Selon l'écrivain et paysan bio Pierre Rabhi, il ne peut y avoir de ville en transition qu'à partir du moment où des individus résilients isolés créent des liens et décident d'agir de manière concertée. Quelle est votre résilience personnelle?
VLM: Les indicateurs étant quasi tous au rouge, il y a urgence à agir individuellement et collectivement. Je veux pouvoir dire à mes futurs petits-enfants que j'ai tenté de leur préserver une planète vivable.SIRL: J'ai toujours été affectée par les injustices sociales. Et dès la naissance de mes enfants, je me suis demandé ce qu'on allait laisser aux générations futures. Cela passe par de petites actions quotidiennes, proches de l'environnement et de l'humain.
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