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Politique yverdonnoise«Nous voulons savoir s’il y a eu des dysfonctionnements»

La deuxième Ville du canton a décidé de ne pas attendre les conclusions d’une enquête pénale dirigée contre l’un de ses fonctionnaires. Elle lance un audit sur une partie du dicastère en mains socialistes, à quelques mois des élections.

Pour le syndic PLR d’Yverdon, Jean-Daniel Carrard, l’audit doit être coordonné avec l’enquête ouverte, à sa demande, par le Ministère public et ne pas attendre ses conclusions. La Ville était pourtant au courant depuis fin juillet. (24 HEURES/Jean-Paul Guinnard)
Pour le syndic PLR d’Yverdon, Jean-Daniel Carrard, l’audit doit être coordonné avec l’enquête ouverte, à sa demande, par le Ministère public et ne pas attendre ses conclusions. La Ville était pourtant au courant depuis fin juillet. (24 HEURES/Jean-Paul Guinnard)
VQH

La Municipalité d’Yverdon lance un audit sur l’aide au logement, au sein du dicastère de la Jeunesse et de la Cohésion sociale (JECOS), tenu par le socialiste Jean-Claude Ruchet. Un cadre y est suspecté d’abus de fonctions et de «comportement inadéquat» durant plusieurs années. Il fait l’objet d’une enquête pénale de la part du Ministère public, ouverte suite au signalement de la Ville, cet été.

«Nous voulons savoir s’il y a eu des dysfonctionnements dans un secteur de l’administration, réagit le syndic PLR Jean-Daniel Carrard, ça n’a rien de personnel, ni de dirigé, et ça ne péjore en rien le fonctionnement du dicastère ou de la Municipalité.» La Ville veut notamment savoir qui savait quoi, et si quelqu’un a couvert quelqu’un. Une réponse à une résolution du Conseil communal, déposée par les élus Loperetti (Vert’lib.) et Ramchurn (UDC).

Retombées politiques

N’empêche. «Ils auraient pu attendre les conclusions du Parquet, qui peut très bien blanchir tout le monde, le fonctionnaire comme notre municipal», réagit un camarade bien placé, dénonçant les retombées politiques de l’affaire. «La Municipalité aurait très bien pu élargir la question à d’autres services, ou encore chercher des réponses du côté des ressources humaines, ça, ça aurait été sain.» Il poursuit: «En 2011 quand Jean-Daniel Carrard était mis en cause dans une affaire d’achat de terrain, le syndic socialiste Daniel Von Siebenthal l’avait défendu devant tout le monde. Aujourd’hui, ce n’est curieusement pas le cas.» En face, on fait la moue. «Le PS a rompu la collégialité l’été dernier, sans soutenir le syndic», rétorque le PLR Laurent Roquier, en référence à l’affaire «La Région». «S’il y a des conséquences politiques à tirer, il faudra le faire. Mais pour l’instant, tout le monde a le droit à la présomption d’innocence.» Même positionnement pour le syndic actuel. «En 2011, le syndic avait toutes les réponses. Aujourd’hui, on les cherche. Et j’espère qu’il n’y aura aucunes conséquences sur les élections, honnêtement, et que les électeurs se focalisent sur les programmes et les candidats.»

C’est que l’affaire tombe mal. Alors que l’UDC et le PLR ont déjà annoncé leurs candidats à l’Exécutif aux élections de mars prochain, le PS et les Verts doivent suivre. Peuvent donc tomber d’ici là les conclusions du procureur ou les premières conséquences de l’enquête interne. De quoi tout chambouler.

«Le PS a rompu la collégialité l’été dernier, sans soutenir le syndic»

Laurent Roquier (PLR)

Le PS nuance. «Nous voulons que toute la lumière soit faite, que la vérité sorte et qu’on puisse avancer, souligne la coprésidente de la section locale, Pascale Fischer. Maintenant beaucoup dépendra de comment l’audit est attribué, et avec quelle transparence.» Et tant pis si ça fragilise la campagne visant à reprendre la majorité? «Pour nous, la campagne commencera en novembre. Notre municipal nous a donné toutes ses garanties. Et s’il veut se représenter, nous serons derrière.»

En face, on jure que l’audit ne servira pas à fragiliser le camp rose-vert. «C’est le PS qui pourra éventuellement s’en servir, commente Ruben Ramchurn. La Ville a fait le bon choix, attendre aurait été un très mauvais signal, montrant qu’il peut y avoir des dysfonctionnements sans conséquences. Des audits, il y en a déjà eu, sans que ça fasse tomber un municipal.»