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Enquête de l’ONUNouveaux crimes de guerre au Yémen

Des experts de l’ONU dénoncent des crimes de guerre perpétrés par les acteurs du conflit. Ils ont appelé à Genève à saisir la CPI et à étendre les sanctions.

Les experts indépendants de l’ONU ont ciblé de nouveaux crimes de guerre au Yémen alors que des millions de civils ont besoin d’assistance (archives).
Les experts indépendants de l’ONU ont ciblé de nouveaux crimes de guerre au Yémen alors que des millions de civils ont besoin d’assistance (archives).
KEYSTONE/EPA/YAHYA ARHAB

Toutes les parties au conflit yéménite ont perpétré de nouveaux actes qui équivalent à des crimes de guerre depuis un an, selon les enquêteurs indépendants de l’ONU. Ceux-ci ont appelé mercredi à Genève à saisir la CPI et à étendre les sanctions.

Dans leur troisième rapport, les trois membres du Groupe d’experts internationaux et régionaux sur le Yémen (GEE) disent notamment avoir des raisons suffisantes de conclure que des bombardements aériens de la coalition menée par l’Arabie saoudite ont violé les règles de proportionnalité. Celle-ci a aussi mené des attaques indiscriminées.

Certains de ses membres et du gouvernement yéménite en exil qu’elle soutient ont également exécuté des civils, torturé, violé, imposé des procès inéquitables ou encore recouru à des enfants soldats. Des crimes dont sont également accusés les rebelles Houthis et les autonomistes du Conseil de transition du Sud, opposés aux autorités.

Les premiers, appuyés par l’Iran et qui contrôlent le Nord du pays, se voient également reprocher des attaques indiscriminées mais aussi l’utilisation de mines antipersonnel. Le GEE a fait suivre à la Haute commissaire aux droits de l’homme Michelle Bachelet une liste d’individus auxquels tous ces crimes peuvent être attribués.

D’autres incidents demandent en revanche davantage d’indications avant de pouvoir établir qui sont les responsables, selon eux. Ils ciblent aussi des pays tiers accusés de continuer à acheminer des armes au Yémen.

Appel lancé contre l’impunité

Parmi leurs recommandations, les spécialistes demandent notamment au Conseil de sécurité de l’ONU de saisir la Cour pénale internationale (CPI). Ils souhaitent aussi que la liste des sanctions soit élargie à de nouveaux individus. «La communauté internationale a une responsabilité de mettre un terme à cette pandémie d’impunité», estime le président du GEE Kamel Jendoubi.

Les trois experts appellent surtout les parties à un cessez-le-feu, à ne plus perpétrer de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire (DIH) ou encore à garantir des investigations indépendantes sur ces crimes. Tous ces acteurs doivent également éliminer les restrictions humanitaires et relâcher tous les détenus arbitraires et ceux qui sont menacés par le Covid, selon eux.

En plus de cinq ans, la guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de victimes, surtout des civils, et provoqué la pire catastrophe humanitaire au monde, une situation qui s’est détériorée également avec le coronavirus. Environ 25 millions de personnes ont besoin d’aide selon l’ONU.

ATS/NXP