Nouvel avion de combatLa Broye ne veut pas encore entendre parler du F-35
La Coreb et plusieurs communes riveraines s'opposent préventivement aux constructions prévues pour l'arrivée du F-35 à Payerne.

Pas question de construire les futurs bâtiments devant abriter le F-35 sur la base aérienne de Payerne tant que les contours de l'exploitation du prochain avion de chasse des forces aériennes ne sont pas dessinés. Tel est, en substance, le message que les autorités broyardes ont fait passer à la Confédération, alors que le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) a récemment soumis la construction à l'enquête. La communauté régionale (Coreb), l'Association pour la sauvegarde des intérêts des communes riveraines de l'aérodrome de Payerne (ASIC) et quatorze communes ont ainsi déposé une opposition préventive.
Aux yeux des Broyards, l'armée a mis la charrue devant les bœufs. Pire, les autorités locales n'ont pas été prévenues et encore moins entendues dans l'opération. «Les bâtiments sont mis à l'enquête alors que la consultation du futur plan sectoriel militaire (PSM) n'a pas débuté. Cela signifie que l'utilisation future de l'avion de combat à Payerne n'est toujours pas définie», s'emporte Cédric Péclard, syndic des Montets (FR) et président de l'ASIC.

Impact environnemental
Tout en se disant consciente de l’importance économique de l’aérodrome militaire pour la région, notamment en termes d’emplois, la Coreb précise que son opposition «a pour seul but de veiller au respect des procédures en matière de planification et de coordination».
«Compte tenu de l’impact sur l’environnement de l’arrivée du nouvel avion, une procédure de modification du PSM doit intervenir avant une demande d’approbation de plans de constructions», reprend Christel Losey Mosimann, secrétaire régionale de la Coreb. Nouveau cadastre du bruit et étude d'impact environnementale doivent notamment découler du PSM.

La région s’oppose également au début anticipé des travaux demandés dans l’enquête. «On nous parle d'urgence, alors que la Confédération a choisi le F-35 en 2021», sourit Cédric Péclard. Si l'opposition ne devait pas porter ses fruits, la procédure pourrait aller jusqu'au Tribunal fédéral.
«On sait que le F-35 sera plus bruyant que le F/A-18. Il nous a aussi été annoncé que la planification prévoit moins de vols. Mais on manque de certitudes et cela inquiète la population, qui subit les nuisances», explique Bernard Grandgirard, syndic de Cugy (FR). Les deux chefs-lieux de Payerne et Estavayer, ainsi que les communes vaudoises de Grandcour et Missy et les fribourgeoises de Vallon, Belmont-Broye, Saint-Aubin, Fétigny, Sévaz, Lully, Châtillon et Cheyres/Châbles ont également signé la missive.
«Le Secrétariat général du DDPS examinera les oppositions reçues et il décidera de la suite à donner après avoir pris connaissance des avis des cantons et des autorités fédérales.»
Lors de la mise à l'enquête, le DDPS annonçait des séances d'information courant décembre concernant les calculs d'émissions sonores en fonction de différentes trajectoires de vol. Contacté vendredi, il n'explique pas pourquoi le PSM n'a pas encore été soumis. Notant que la procédure d'enquête se poursuit jusqu'au 6 novembre, il mentionne que «le Secrétariat général du DDPS examinera les oppositions reçues et décidera de la suite à donner après avoir pris connaissance des avis des cantons et des autorités fédérales».
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