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Nouvelle équipe pour un Livre sur les quais masqué et revisité

Fanny Meyer et Adélaïde Fabre évoquent cette 11e édition particulière, qui accueillera une centaine d’auteurs romands et français.

Fanny Meyer, directrice générale et 
Adélaïde Fabre, directrice artistique du Livre sur les quais.
Fanny Meyer, directrice générale et
Adélaïde Fabre, directrice artistique du Livre sur les quais.
YVES LERESCHE

«Le Livre sur les quais, autrement.» Ce n’est certes pas ainsi que Fanny Meyer imaginait sa première édition en tant que directrice générale. Dans l’équipe depuis 2014, elle a travaillé sous la supervision de Sylvie Berti Rossi qu’elle considère comme son mentor, avant de reprendre la barre d’un événement qui a connu un succès immédiat, mais aussi des remous.

La Vaudoise assure la continuité, en y ajoutant évidemment sa touche. Mais pour cette onzième édition, c’était compter sans les restrictions sanitaires. Appuyée par le conseil de fondation, l’équipe dirigeante a décidé de maintenir le rendez-vous en faisant l’impasse sur les tentes où le public rencontre traditionnellement les auteurs. Ceux-ci dédicaceront leurs ouvrages à l’issue des événements prévus, mais uniquement pour les personnes qui y auront assisté. ADN du salon littéraire, les tentes reviendront dès que possible.

De 330 à 100 invités

Autre aménagement, le festival qui a compté jusqu’à 330 invités en accueillera une centaine, répartis dans les grandes lignes pour moitié entre auteurs français et romands. Avec une Elisa Shua Dusapin ou un Adrien Gygax mis en avant au même titre qu’un Yasmina Khadra, les plumes d’ici semblent figurer en force, de Metin Arditi à Silvia Haerri, en passant par Anne-Sophie Subilia ou Alain Freudiger. «Il n’y en a proportionnellement pas plus cette année, mais comme il y a moins d’auteurs, on les remarque davantage», observe la directrice.

Du côté des invités plus lointains, l’événement a joué la prudence, accueillant uniquement l’Anglais Jonathan Coe et la Camerounaise Djaïli Amadou Amal.

Payer les auteurs, une priorité

La diminution du nombre d’auteurs tient aussi à une autre raison: plusieurs années de revendications avaient conduit à rémunérer les auteurs lorsque leur présence demandait une préparation. Dès cette année, ils seront payés pour toutes leurs prestations. «Nous avons élaboré une charte en nous inspirant de ce qui se faisait autour de nous, des Journées littéraires de Soleure au Salon du livre de Paris, et l’avons adapté à notre manifestation.»

Rémunérer les auteurs figurait parmi les priorités de Fanny Meyer. Qui tient à préciser: «Cette charge financière ne doit pas se répercuter sur le public, ça doit rester un rendez-vous accessible à tous.» Hormis les croisières, les autres événements sont donc gratuits, sur inscription.

La jeune femme estime aussi que le rendez-vous doit célébrer le livre au sens large. Si cette année il y a peu de développement personnel excepté la présence de Fabrice Midal ou d’Yves Alexandre Thalmann, c’est qu’il a fallu faire des choix. «Cela ne veut pas dire que cela ne doit pas revenir.» Tout comme les événements en anglais, réduits cette fois à la seule rencontre avec Jonathan Coe.

Environnement et féminisme

La programmation artistique, c’est le dicastère d’Adélaïde Fabre. Déjà membre du comité éditorial l’an passé, la Française a pris ses fonctions ce printemps. Elle et son équipe ont concocté un alléchant menu en suivant deux axes: «Il y avait des auteurs qu’on voulait absolument avoir comme Joseph Incardona (ndlr: en rencontre le samedi à 13h30 au château de Morges), et des thématiques qu’on souhaitait mettre en avant. L’écologie semblait incontournable, mais il y a aussi un gros volet sur le féminisme.» La musique sera aussi présente, notamment avec la chanteuse Olivia Ruiz, qui publie son premier livre sur ses ancêtres espagnols ayant fui la guerre civile (en croisière avec Isabelle Carré le samedi à 15h45 et en lecture-concert à La Coquette, le dimanche à 13h). Une édition marquée par le Covid, mais sans frontières disciplinaires.

Morges, divers lieux
Du vendredi 4 au samedi 6 septembre
Port du masque obligatoire dans les lieux fermés, fortement recommandé à l’extérieur. Réservation obligatoire pour tous les événements sur
www.lelivresurlesquais.ch