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Épuration de l’eauNyon met un carton jaune au projet de STEP régionale

Le chef-lieu adhérera à la société intercommunale qui construira l’équipement, mais il étudiera aussi l’adaptation de sa STEP comme plan B.

La station d’épuration de Gland traite plus d’eaux usées qu’elle en est capable. Un nouvel équipement est nécessaire rapidement. Reste à savoir si celui-ci sera régional ou pas.
La station d’épuration de Gland traite plus d’eaux usées qu’elle en est capable. Un nouvel équipement est nécessaire rapidement. Reste à savoir si celui-ci sera régional ou pas.
Archives/Philippe Maeder

«On nous demande ce soir de choisir entre la peste et la gale. D’un côté il y a un projet moribond dans une ville qui n’en veut pas. De l’autre, il y a une alternative qui consiste à adapter notre équipement sans savoir combien cela va nous coûter.» Le PLR Philippe Glasson a traduit la mauvaise humeur d’une bonne partie du Conseil communal de Nyon lundi soir. L’assemblée débattait d’un crédit de 6,9 millions de francs, sorte de droit d’entrée dans la société qui construira la station d’épuration (STEP) régionale prévue à Gland.

Le mégaprojet, devisé au total à près de 98 millions de francs, devrait être opérationnel en 2025 au plus tôt. Il permettrait d’assainir les eaux usées de 30 communes autour de Nyon et Gland. Il permettra aussi de répondre aux exigences légales en traitant les micropolluants.

Risques d’enlisement

Les conseillers communaux de Nyon ont par contre peur de dépenser de l’argent pour des études inutiles. Aujourd’hui, les opposants à la STEP régionale sont remontés. Les risques de voir le projet s’embourber dans des procédures juridiques existent puisque le terrain n’est pas encore légalisé. Sans oublier qu’il n’est pas exclu qu’un référendum ne le tue définitivement lors d’une prochaine étape politique à Gland.

La commission du Conseil qui a étudié le projet était divisée. Une minorité appelait à refuser le crédit, estimant qu’il était préférable d’adapter la station d’épuration située à l’Asse. Mise en exploitation en 1993, celle-ci fonctionne à satisfaction. Elle n’a pas réussi à emporter le vote. Par 44 oui contre 26 non, le crédit a été accepté. Toutefois, les élus ont mis une condition. Les 6,9 millions ne seront pas dépensés tant que le plan d’affectation ne sera pas adopté. Une manière de réduire les risques financiers pour la Commune.

«À la fin, nous choisirons la meilleure variante.»

Daniel Rossellat, syndic de Nyon

À la demande du Conseil, la Municipalité s’est aussi engagée à étudier une nouvelle fois l’adaptation de sa station d’épuration. «À la fin, nous choisirons la meilleure variante», a promis le syndic Daniel Rossellat.

«Cette décision change la donne», avoue Yves Reymond, directeur de l’Association pour l’épuration des eaux de la Côte. (APEC). Son comité directeur tient une séance mercredi pour prendre position sur la suite à donner. «Nous pourrions jouer la banque en attendant que le terrain soit légalisé», imagine Thierry Genoud, membre du comité de pilotage du projet et municipal de Gland. Une chose est certaine: il y a urgence à trouver des solutions pour concrétiser rapidement le projet. La station d’épuration de Gland, qui traite les eaux de 21 communes, dépasse largement ses capacités dans des installations désuètes.

4 commentaires
    Claude Gaignard

    Ce dossier de STEP régionale unique est voué à l'échec. Il a été géré depuis le départ par un groupe restreint de décideurs, sans une vrai gestion de projet professionnelle, sans prendre en compte sérieusement les aspect environnementaux, la croissance démographique des pôles urbanisés concernés, les économies d'énergie, les aspects sociaux et surtout sans consulter la population. Ce projet fait face aujourd'hui à des écueils administratifs et politiques qui le condamne après 10 ans d'études diverses et variées...