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Numéro spécial de «La cinquième saison»Ode à ces mots qui peuvent changer une heure ou une vie

La revue littéraire romande croise le regard d’auteurs, lecteurs et éditeurs pour offrir matière à réfléchir… et à rêver.

La revue romande a consacré un numéro touffu à la poésie, romande et francophone.
La revue romande a consacré un numéro touffu à la poésie, romande et francophone.
DR

Pourquoi écrire, publier ou lire de la poésie? Au fil du temps, nombreuses ont été les réponses, au point de sembler rebattues. Mais une magie du verbe en constante évolution incite à une réflexion renouvelée. Dans «Passage du poème», un foisonnant numéro spécial, la revue littéraire romande «La cinquième saison» se fait l’écho de ces questions dans le sillage d’un Printemps de la poésie mis en sourdine par le virus. Pourquoi revenir à la poésie dans «un monde où la loi du dollar surpasse celle de l’hémistiche», s’interroge Arthur Billerey en entame. Auteur et membre fondateur de la publication, il codirige aussi la collection Métaphores aux Éditions de l’Aire, à Vevey.

«La poésie est un excellent stimulant, gratuit, pour l’imagination»

Arthur Billerey, membre fondateur de «La cinquième saison»

S’appuyant sur la citation de Lautréamont: «La poésie doit être faite par tous, non par un», cet amoureux des mots rêve à des poèmes proposés au marché à côté des légumes, à des mots côtoyant les panneaux publicitaires, à un aphorisme de René Char avant le téléjournal. «La poésie est un excellent stimulant, gratuit, pour l’imagination.» Un «levain de liberté» salutaire aujourd’hui, estime l’éditeur français de poésie contemporaine Bruno Doucey.

Malgré une progressive invisibilisation, la poésie résiste. Divers lecteurs qui la fréquentent assidûment évoquent les mots qui ébranlent, réconfortent, nourrissent une heure ou une vie.

«Une poésie assumée»

François Debluë, un des auteurs de «Passage du poème».
Parmi les textes publiés figurent un poème de l’écrivain vaudois François Debluë et un entretien sur son rapport aux mots.
François Debluë, un des auteurs de «Passage du poème».
PHILIPPE MAEDER

Ces réflexions ne seraient que théoriques sans les écrits des poètes, insérés au centre de la publication. Ceux d’Alexandre Voisard, de Jacques Roman, de Pierre-Alain Tâche ou de François Debluë, qui revient sur son rapport aux mots dans un entretien en fin de volume. Sans oublier le Français Marc Alyn ou la jeune génération avec les Romands Louiza Becquelin ou Bertrand Schmid, la Franco-Roumaine Linda Maria Baros ou la Belge Charline Lambert.

Car, pour Jean-Pierre Siméon, directeur de la collection Poésie/Gallimard: «La question n’est plus de savoir s’il faut écrire comme ceci ou comme cela… Il faut de la poésie pleine, entière, assumée, forcément, par bonheur, tumultueuse et contradictoire. Vivante donc traversée de tensions et d’énergies multiples.» Pour incarner «le débat des consciences». À chacun ensuite, de se laisser toucher.

«Passage du poème»
Ouvrage collectif, illustré par Alex Baladi
«
La cinquième saison», No 11, 240 p.