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Altercation et suspensions en 1re ligueUn match entre clubs genevois et lausannois tourne au vinaigre

Les clubs de l’Olympique de Genève et Azzurri Lausanne s'activent pour redorer leur image écornée. Dimanche, leur duel a toutefois dû être arrêté.

Le match de dimanche entre l’Olympique de Genève et Azzurri Lausanne n’a pas pu aller à son terme.
Le match de dimanche entre l’Olympique de Genève et Azzurri Lausanne n’a pas pu aller à son terme.
Jean-Luc Auboeuf

Une légère crainte s'est faite sentir mardi soir, lorsque l'attaquant de l'Olympique de Genève Ismael Mpambani a plongé le pied en avant dans les bras du gardien veveysan Cédric Zimmermann. Le geste était plus que maladroit et le buteur n'avait d'autre intention que de jouer le ballon. Reste qu'un attroupement s'est immédiatement créé dans la zone des faits. Les uns ont défendu leur gardien, les autres leur joueur et l'arbitre a choisi à juste titre d'expulser le fautif. Fin de l'histoire, c'est mieux comme ça.

Deux jours auparavant, l'histoire n'en était malheureusement pas restée là. Alors qu'un joueur d'Azzurri Lausanne, en visite à Varembé pour affronter OG, devait effectuer une remise en jeu proche des bancs des deux équipes, un geste d'antisportivité d'un des entraîneurs-assistants genevois lui a valu un carton rouge direct. L'événement a mis le feu aux poudres, les deux équipes se sont dit ce qu'elles pensaient de l'autre d'un peu trop près et plusieurs spectateurs ont eu le mauvais goût de pénétrer la pelouse pour se mêler au conflit. Match arrêté, rapport d'arbitre douloureux et suite devant la commission de discipline de la Première Ligue (quatre acteurs ont été sanctionnés, de peines allant de deux à quatre matches de suspension).

Deux clubs qui se ressemblent

Avant de poursuivre, il est important de noter que les deux équipes s'accordent à dire qu'aucun coup sérieux n'a été échangé et que l'altercation en est restée au stade des provocations (verbales et physiques). Des scènes comme celles-ci sont observables toutes les fins de semaine et, si elles peuvent être blâmées, ne conduisent que très rarement à un arrêt de la rencontre. L'afflux sur le terrain de personnes externes aux staffs des deux formations a cependant agi comme la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

L'affaire prend une dimension encore plus dommageable car elle concerne deux clubs qui se ressemblent. En clair, Olympique de Genève comme Azzurri Lausanne traînent derrière eux une réputation dont ils cherchent à se défaire, et ce ne sont pas que des belles paroles prononcées pour redorer un blason écorné.

‹‹Ce qu'on a vu, ce ne sont pas les valeurs qu'on défend››

Allan Avventurato , membre du comité et ancien président d’Olympique Genève

Pour OG, cela passe notamment par ce qu'Allan Avventurato (membre du comité et ancien président) appelle un «service social». Soit le suivi des juniors du club (il en compte plus de 500) dans leur vie hors-foot. Invitation dans les écoles, aide pour écrire un CV, accompagnement pour trouver un apprentissage. Bref, tout ce qu'un club n'a généralement ni les moyens, ni le temps, ni le personnel pour faire, et qu'Olympique tente quand même de mettre en place.

«On est également en train de mettre un programme sur pied avec le CICAD pour lutter contre le racisme et l'antisémitisme», lance Allan Avventurato, qui assure que des sanctions internes ont été prises à la suite des événements de dimanche dernier. «Parce que ce qu'on a vu, ce ne sont pas les valeurs qu'on défend.»

‹‹L'arbitre n'a pas surréagi. Il a observé, attendu et pris la seule décision qui s'imposait››

Bruno Sorace, directeur technique d'Azzurri Lausanne

La première chose qu'a tenu de son côté à souligner Bruno Sorace, directeur technique d'Azzurri? La qualité de l'arbitrage. «L'arbitre n'a pas surréagi. Il a observé, attendu et pris la seule décision qui s'imposait.» On peut penser que l'homme en fait beaucoup, reste qu'il est question d'un domaine qui lui tient à cœur. «Il y a quelques années, on m'a infligé une grosse suspension. Une suspension que je méritais. J'ai entendu des insultes racistes et ma réaction a été disproportionnée. Quoi qu'il en soit, depuis ce jour, je me suis promis de m'engager pour la sécurité des arbitres.»

À Chavannes-près-Renens, les juniors sont ainsi sensibilisés, voire encouragés à prendre le sifflet. «D'ailleurs, si vous êtes attentifs, vous aurez remarqué que nos différentes équipes sont nettement moins sanctionnées que par le passé.»

En tête au tableau d'affichage (0-1) avant que ne résonnent les trois coups de sifflet prématurés, Azzurri Lausanne devrait être annoncé vainqueur par forfait par la Première Ligue. Mais au fond, personne n'en ressortira vraiment gagnant. Parce que Vaudois et Genevois n'avaient vraiment pas besoin de ça.

7 commentaires
    Sethou

    Les mêmes que dans la vie de tous les jours. On ne les changera jamais.