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Enquête sur On Running
Les baskets durables de Federer… ne sont pas si durables

La marque On Running a connu un succès fulgurant ces dernières années.
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Une usine à haut risque au cœur de Marseille, des ouvrières payées sous le salaire de subsistance au Vietnam, une usine de recyclage qui ne recycle pas (encore)… C’est ce que révèle une enquête de la RTS le long de la chaîne de production d’une basket phare d’On Running et qui se veut verte: la Cloudneo.

La marque suisse star, dont Roger Federer est actionnaire et ambassadeur, promet une nouvelle révolution en termes de durabilité dans le milieu du matériel de course à pied. Parmi ses dernières innovations: une chaussure sur abonnement, fabriquée à partir de graines de ricin, qui se dit entièrement recyclable et circulaire.

Pour 35 francs par mois, le consommateur reçoit une paire de baskets fabriquée à partir de matériaux biosourcés, qu’il doit utiliser six mois minimum avant de l’échanger contre une paire neuve. L’ancienne est ainsi recyclée. Et ainsi de suite. Mais derrière le discours marketing de l’entreprise zurichoise, la réalité est plus nuancée.

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Une usine à risque à Marseille

L’enquête de la RTS révèle que la chaussure est fabriquée à partir de graines de ricin cultivées en Inde, broyées en huile avant de rejoindre Marseille, en France. On Running est allée y chercher un géant de la pétrochimie, l’entreprise Arkema, qui dit être la seule à savoir transformer le ricin en un polymère synthétique, le Rilsan.

Ce matériau central à la fabrication de la Cloudneo, qui n’est autre qu’un plastique une fois transformé, est fabriqué dans une usine classée Seveso seuil haut, le risque maximum en matière industrielle. Le plus grand danger potentiel, létal, vient d’une fuite de gaz lourd, nécessaire en grandes quantités pour transformer le ricin en plastique.

Pour se protéger, les habitants du quartier ont installé chez eux des pièces de confinement. À ce sujet, l’entreprise zurichoise se défend comme suit: «Tous les partenaires avec qui nous travaillons doivent respecter notre code de conduite des fournisseurs».

Au Vietnam, des ouvrières sous-payées

L’enquête de «Temps Présent» révèle également que la chaussure est manufacturée au Vietnam, dans une zone industrielle près d’Hô Chi Minh-Ville. Une ouvrière confie travailler depuis trois ans dans l’usine et gagner l’équivalent de 216 francs par mois. Un montant loin du salaire de subsistance, qui, selon la coalition asiatique pour la lutte contre la pauvreté, s’élèverait à environ 450 francs au Vietnam pour permettre de couvrir les besoins de base pour une famille.

Pour rappel, en janvier dernier, le magazine alémanique «K-Tipp» montrait qu’On Running faisait de plus grands bénéfices par paire de chaussures vendue que ses concurrents. Une différence qui s’expliquerait notamment par le fait que la marque paie moins ses fabricants alors qu’elle vend ses baskets à des prix plus élevés.

Quant au recyclage de la Cloudneo promis par On Running au bout de la chaîne, il n’a pas encore lieu, selon la RTS. La marque s’explique: «Nous collectons les chaussures et nous sommes en bonne voie pour commencer le processus de recyclage». Cela fait pourtant deux ans que la basket est commercialisée, avec une promesse de recyclage à l’infini.

Le fossé entre les coulisses de la production de la Cloudneo et le marketing vert de l’entreprise de vêtements de sport questionne. Nicolas Bueno, professeur de droit international à Unidistance interviewé par la RTS, détaille: «Si la chaussure n’est pas entièrement recyclable alors que la publicité dit clairement que c’est complètement recyclable, on pourrait être dans une information qui est inexacte. Dans ce cas, elle pourrait tomber sous le coup de la concurrence déloyale.»

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