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Un directeur heureux«On se devait de faire Images Vevey 2020»

La 7e édition du festival a accueilli 35’000 visiteurs venus voir, découvrir et vivre les propositions d’une soixantaine d’artistes pendant trois semaines. Un challenge et un bilan enthousiasmant pour Stefano Stoll.

En plein air et à l’intérieur, la Biennale des arts visuels a convaincu un large public. Plus de 35’000 visiteurs ont fréquenté cette édition dans le contexte 2020, une «bonne année» pour le festival, qui avait été suivi par 45’000 personnes en 2018.
En plein air et à l’intérieur, la Biennale des arts visuels a convaincu un large public. Plus de 35’000 visiteurs ont fréquenté cette édition dans le contexte 2020, une «bonne année» pour le festival, qui avait été suivi par 45’000 personnes en 2018.
Festival Images Vevey

Au moment de clore la 7e édition d’Images Vevey, son directeur, Stefano Stoll, pense à ceux qui n’ont pas pu organiser leur festival ou leur manifestation artistique en raison de la pandémie. «Par respect pour eux, pour le public, pour nous, on se devait de maintenir notre événement, de ne pas lâcher, de ne pas baisser les bras dans les semaines ni les jours qui ont précédé l’ouverture. Bien sûr, le format d’Images Vevey, sa gratuité, sa répartition sur une cinquantaine de sites et dans des espaces qui n’allaient jamais accueillir plus de 500 ou 1000 personnes à la fois ont fait que nous avions une carte à jouer et un challenge à tenir.»

«Bien sûr, le format d’Images Vevey, sa gratuité, sa répartition sur une cinquantaine de sites et dans des espaces qui n’allaient jamais accueillir plus de 500 ou 1000 personnes à la fois ont fait que nous avions une carte à jouer et un challenge à tenir»

Stefano Stoll, directeur d’Images Vevey

Le festival a eu lieu et la référence au titre de «Chance», installation phare de Christian Boltanski, trotte dans de nombreux esprits. Avec 35’000 visiteurs au compteur des entrées dans la Salle del Castillo – «une bonne, voire une très bonne année» pour Stefano Stoll, qui n’oublie pas que la première édition, en 2008, avait rallié 5000 personnes –, le bilan d’Images Vevey donne un autre éclairage sur les envies de culture que le récent sondage publié par l’Office fédéral de la culture qui conclut à la retenue de plus en plus marquée du public suisse. «J’ai croisé des gens qui me disaient venir pour la 3e, 4e, 7e fois, ça leur faisait du bien, ça leur changeait les idées», se réjouit le directeur.

Si elle a dû faire une croix sur certaines ouvertures médiatiques (et notamment du «New York Times»), la Biennale des arts visuels a pu profiter des Suisses restés au pays pour accroître sa notoriété côté alémanique. «Notre staff – de nombreux jeunes qui ont été très disciplinés, il faut le relever – nous a fait savoir qu’il avait eu beaucoup d’interactions avec des gens parlant allemand. Une croissance confirmée par les hôteliers. D’ailleurs, poursuit, Stefano Stoll, les retombées économiques de cette édition sont estimées entre 2 et 3 millions de francs pour la région.»

«Chance», l’installation de Christian Boltanski à la Salle del Castillo, un temps fort de l’édition 2020.
«Chance», l’installation de Christian Boltanski à la Salle del Castillo, un temps fort de l’édition 2020.
Festival Images Vevey

Réussite artistique

Mais tous ces chiffres ne doivent pas faire oublier que «Unexpected. Le hasard des choses» – titre prémonitoire malgré lui – est avant tout un beau succès artistique, la 7e édition avait tout pour convaincre. Des inédits, dont «La lueur du désastre» réalisée ce printemps par Stéphanie Montes, comme des monuments de l’histoire des arts visuels, on pense au court-métrage de Fischli & Weiss «Der Lauf der Dinge» projeté au sous-sol de la Droguerie. Des réflexions sur la violence faite aux femmes gravées avec exigence dans l’image noir-blanc par Kristine Potter ou l’immersion de Juno Calypso au cœur d’une utopie survivaliste trempée dans un kitch doré.

«Si aucun sujet n’était en lien avec la pandémie, il est intéressant de voir comment certains, parmi nos visiteurs, les ont interprétés»

Stefano Stoll, directeur d’Images Vevey

«Si aucun sujet n’était en lien avec la pandémie, il est intéressant de voir comment certains, parmi nos visiteurs, les ont interprétés, note Stefano Stoll. Et, notamment, l’image de Teresa Hubbard et Alexander Birchler qui recouvre la façade de l’ancienne prison et qui plonge dans une sorte de bunker. Même le Fischli & Weiss, sorte de Joconde de l’art vidéo, a rappelé à certains les jeux avec des objets qui se font tomber les uns les autres et qui proliféraient sur la Toile au plus fort de la pandémie.»

Bientôt un espace permanent

Images Vevey 2020 vit donc son dernier jour, dimanche 27 septembre, avec plusieurs perspectives à son agenda immédiat en attendant la 8e édition en 2022. Soit une deuxième Biennale de Gibellina que le festival coorganise en Sicile et la transformation de locaux à la gare de Vevey en espace d’exposition permanent. Une envie qui date, elle avait failli aboutir dans les locaux de l’ancienne Ferblanterie avant d’être contrariée par les plans immobiliers de Nestlé, propriétaire du site. «Nous allons avoir 250 m² à l’étage de la gare pour des expositions Images Vevey axées sur la photographie contemporaine. Le bail est signé avec les CFF et, avance Stefano Stoll, nous espérons pouvoir engager les travaux l’année prochaine.»

Images Vevey
Jusqu’au dimanche 27 septembre jusqu’à 19 heures
www.images.ch

Dans le parc du Panorama, les «Memories of a Silent World» de Simon Brodbeck et Lucie de Barbuat.
Dans le parc du Panorama, les «Memories of a Silent World» de Simon Brodbeck et Lucie de Barbuat.
Festival Images Vevey