Depuis des mois, les informations se bousculent: la demande en installations solaires est énorme, mais les composants techniques sont rares et le personnel qualifié capable de monter les modules est tout aussi rare. Avec l'éclatement de la guerre en Ukraine et la menace d'une pénurie d'électricité, tout le monde a compris à quel point l'énergie solaire est devenue centrale. En Valais, on veut même construire une installation alpine qui éclipsera tout ce que l'on a vu jusqu'à présent.
Mais il existe encore des villages comme Rivaz (VD), où aucune installation n'a été enregistrée à ce jour. C’est ce que montre le registre des «garanties d'origine» (voir encadré ci-dessous). À l’inverse, Saulcy (JU), une commune de taille comparable sur le plateau des Franches-Montagnes, a annoncé 30 installations d'ici à la fin de l’année 2021 et utilise ainsi déjà plus de 12% de la surface de toiture disponible.
Ou encore Simplon (VS) et sa commune voisine Zwischbergen (VS), où un autre grand projet doit être réalisé un jour, mais où personne n'a apparemment voulu installer de panneaux sur son toit jusqu'à présent. La commune vaudoise d'Onnens, où un ancien laitier a loué un immense toit et l'a équipé de la plus grande installation de Suisse à ce jour, présente un potentiel comparable à celui de ces deux communes réunies. Plus de 60% de la capacité de production des toits d'Onnens est ainsi utilisée.
À titre de comparaison, environ 6% de la surface des toits en Suisse sont actuellement utilisés pour des installations solaires.
Quelle est la situation dans votre commune? Combien de toits sont déjà utilisés pour produire de l'électricité? Quand la première installation a-t-elle été construite? Et qui, dans le canton, possède la plus grande?
Qu'en est-il dans les autres communes?
De grandes différences entre certains cantons
Les villages de Rivaz et Saulcy mentionnés au début de cet article sont emblématiques des différences marquées entre certaines régions. Alors que dans le canton de Lucerne, environ 9% des toits sont déjà utilisés pour des installations solaires, ce taux n'est que de 3,4% dans le canton d'Uri. Un coup d'œil sur la carte le montre: en Suisse, il existe certaines régions où les installations solaires sont plus répandues que dans d’autres. C’est par exemple le cas dans les régions de Lucerne, de Zoug, de Fribourg, le long de la vallée du Rhône, et en Suisse orientale.
En revanche, les régions de montagne comme la Suisse centrale, le Valais et le Tessin sont plutôt à la traîne.
David Stickelberger, directeur de l'association professionnelle Swissolar, déclare à ce sujet: «Je ne peux pas expliquer ces différences de manière définitive.» Mais selon lui, le montant des rétributions versées par les entreprises électriques pour l'électricité solaire injectée dans le réseau devrait jouer un rôle important. Celles-ci varient en effet d'une région à l'autre et il existe un lien clair avec l'extension des installations solaires, note-t-il. «La commune thurgovienne d'Amlikon-Bissegg est un bon exemple: le Conseil municipal y a décidé d'allouer une rémunération attrayante.» Et apparemment cette décision a eu de l’effet: dans cette commune, plus de 20% des toits sont déjà équipés d'installations solaires dont la production annuelle couvre la consommation d'électricité d'environ 1000 ménages.
Selon David Stickelberger, des mesures d'encouragement supplémentaires de certains fournisseurs d'énergie et des Cantons ont également joué un rôle, par exemple sous forme de fonds pour les stations de recharge électrique. Pour finir, la «ceinture solaire» le long des Préalpes serait liée à l'agriculture locale, où l'on trouve de nombreuses étables équipées d'installations solaires depuis une dizaine d'années déjà.
Les grandes villes ont elles aussi un grand besoin de rattrapage: Berne, Zurich et Genève utilisent chacune moins de 5% de leur surface de toits. David Stickelberger de Swissolar fait remarquer que les coûts de revient de l'énergie solaire sont souvent plus élevés dans les villes, car il s'agit de bâtiments plus hauts et tendanciellement plus anciens et que les toits doivent souvent être assainis en premier lieu.
La protection des monuments historiques et la forte proportion de locataires pourraient également expliquer ce retard, comme le montre notre recherche. Mais aussi les rétributions parfois très basses pour l'électricité injectée dans le réseau. Les entreprises d'électricité d'une ville se révèlent en effet particulièrement avares en la matière.
De nos jours, les installations solaires produisent autant d'électricité que Mühleberg autrefois
Un coup d'œil sur les statistiques le montre: jusqu'à il y a une dizaine d'années, l'énergie solaire n’était pas très répandue dans notre pays. Dans les années 80, 90 et 2000, à peine plus de 4500 installations d'une puissance totale de 80 mégawatts-crête ont été raccordées au réseau. L'électricité ainsi produite suffirait à alimenter une petite ville d'environ 15’000 habitants et habitantes.
En revanche, rien que l'année dernière, près de 500 mégawatts ont été installés, soit environ 20’000 installations capables de couvrir les besoins en électricité de plus de 80’000 ménages. Aujourd'hui, les installations solaires en Suisse produisent chaque année l'équivalent de la production de la centrale nucléaire de Mühleberg, désormais désaffectée.
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